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Définition du Karma

Le Karma est la Loi de l'Amour divin, c'est la Loi qui permet aux hommes d'apprendre l'Amour. Cette Loi est la suivante:
Celui qui sème l'Amour récolte l'Amour.
Celui qui sème le non-Amour récolte la souffrance.
Elle est la justice divine en acte.
Le karma est toujours le retour d'un choix: Un homme obligé de poser un acte contre son gré n'engendre pas de karma, de même un homme qui n'a pas fait exprès de poser un acte en disharmonie n'engendre pas de karma non plus. Il n'y a pas plus juste que cette Loi, et elle s'applique à tous sans exception.
Elle n'est pas tributaire d'un temps limité, elle peut toucher l'être dans la seconde qui suit son acte comme elle peut le toucher plusieurs milliers d'années après.
Un assassin peut échapper à la justice des hommes, il n'échappe jamais à la la Loi du karma.
Ce retour s'effectue tout autant pour les choix d'harmonie: Un jour ou un autre dans cette vie ou dans une autre, un bienfait accompli pour un prochain sera donné en retour. L'être le croira "gratuit", prendra cela pour une "chance". Les hommes qui ignorent l'existence de cette Loi appellent ces retours: le hasard, la chance ou la malchance, la fatalité, les "circonstances". Mais le hasard n'existe pas, c'est un mot inventé par les hommes.
L'adage populaire "Tsy misy ny tody fa ny natao no miverina" c.à.d "Il n'y a pas de sort, chacun récolte ce qu'il a semé" indique que la culture traditionelle malgache connaissait très bien la notion de karma.
Un enfant ne naît pas innocent comme les hommes le croient, un enfant naît porteur d'un karma selon qu'il a posé des actes d'Amour ou de non-Amour dans ses vies passées.
Il est dit dans l'Ancien Testament que lorsqu'un homme a péché, non seulement il est puni, mais aussi ses enfants et ses petits-enfants jusqu'à la quatrième génération (Exode 20,5b; Deut.5,9b). Celà semble injuste et révoltant: Qu'a fait un enfant pour qu'il souffre ainsi? En fait, l'enfant s'est réincarné au milieu de ceux qui lui ressemble, lui-même ayant péché comme ses (grands-)parents dans le passé.
La vie de nombreux hommes est ainsi parsemée de souffrances et de joies, son karma positif venant l'aider à mieux vivre son karma négatif.
C'est le passé qui génère le présent, mais c'est le présent qui génère le futur (le futur proche ou les prochaines vies).
Celle ou celui qui veut vivre dans la joie et la compréhension de ses semblables et du monde dans la vie suivante doit accomplir maintenant des actes dictés par l'amour plutôt que par un sentiment de devoir rigide et sec. Les actes nés de l'amour sont les seuls qu'on puisse considérer comme véritablement moraux. Leurs effets se répercuteront sur la constitution du corps astral au cours de la prochaine vie. En revanche, tout sentiment de haine, ce qui peut aller de l'antipathie ou de la médisance jusqu'à la haine criminelle engendre les déboires, les désagréments qui nous seront causés par le monde extérieur, en général dans la vie suivante mais ça peut être aussi après plusieurs vies successives.
Lorsque le karma survient, la personne vit une situation de souffrance oùl; elle subit ce qu'elle a infligé à une (d')autre(s) personne(s). L'égo n'est pas conscient de cela parce qu'il ne se rappelle pas de ses vies antérieures mais cela n'a pas d'importance car le "Je", l'Esprit en nous, sait très bien la cause de cette souffrance.
Durant la vie de l'âme entre la mort et une nouvelle naissance, des êtres des Hiérarchies dont le Christ est le chef spirituel nous aident à choisir, selon le karma qu'on doit vivre, la famille qui va nous accueillir. Sans l'aide de ces êtres des Hiérarchies, l'homme risque de se juger de manière excessive.
Le sens du Karma n'est pas de rendre justice au sens oùl; les hommes rendent justice. La notion de punition n'existe pas dans le karma. La Loi du karma n'est pas faite dans ce sens, elle est faite pour que l'être apprenne ce qu'il n'a pas appris dans le passé concernant l'Amour.
La nécessité de la réincarnation c'est pour apprendre à aimer, c'est là le sens de la Vie. L'Amour est la seule référence dans l'Univers entier, il est la seule Loi. L'Amour doit passer avant tout sur la Terre et n'importe oùl; dans l'Univers. La Loi du karma est Amour, même si les hommes la trouvent souvent injuste et dure! Elle est Amour et Justice.
Les réincarnations successives ne sont que des étapes. Le but final est la résurrection, qui est la concrétisation ultime du verset paulinien "Ce n'est pas moi (mon ego) qui vit, c'est le Christ qui vit en moi en toute conscience".
La notion de vies successives disparaîtra d'elle-même lorsque l'humanité sera consciente des lois immuables qui régissent le karma et se comportera en être responsable envers ces lois.

Karma et foi chrétienne

Dans Jean 14:13-14 Jésus-Christ dit à ses disciples: "13 Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, de sorte que le Père soit glorifié dans le Fils. 14 Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai." Sur la base de ce texte, encore renforcé par l'histoire des deux larrons crucifiés avec Jésus, beaucoup pensent que le Christ peut effacer tous nos péchés si on le Lui demande. Rappelons nous l'épisode de la crucifixion : Il y a l'un des larrons qui n'arrêtait pas d'invectiver en s'aidant de la logique mathématique (purement ahrimanienne) : Si tu es le fils de Dieu, délivre-toi et délivre nous par la même occasion et l'autre qui  disait (Luc 23:40-42) "40 Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation? 41 Pour nous, c'est justice, car nous recevons ce qu'ont mérité nos crimes; mais celui-ci n'a rien fait de mal. 42 Et il dit à Jésus: Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne". Et voici la réponse du Christ: "43 Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis". Qu'en est-il effectivement si on a fait que des méchancetés durant sa vie, provoquant des souffrances terribles à son entourage, empoisonnant la vie de ses semblables, et que plus tard, on demande la rémission de ses péchés au Christ. Est-ce qu'on est vraiment pardonné? Cette question est cruciale et ne peut pas être répondue sans une longue méditation. La notion de Karma semble être caduque par une simple parole du Christ. Qu'on se rappelle le paralytique (Luc 5:24),  ou d'autres malades que le Christ a guéri sur le champ par les simples paroles "Tes péchés sont pardonnés" au grand dam des notables de la religion hébraïque. 

Si on est vraiment pardonné, la justice divine serait totalement en contradiction avec la justice tout court. La réponse à ce paradoxe est la suivante: Oui, le Christ pardonne et prend sur Lui la partie du péché qui, sans autre mesure spirituelle, va polluer la Terre et perturber fortement l'évolution de l'humanité. Et ceci depuis 2000 ans et jusqu'à la fin de la planète Terre. Le pardon se situe dans le fait que le Christ ne nous en veut pas de nos fautes. Il nous aime infiniment même après nos crimes. Cela ne veut pas dire que l'Homme ne doit pas faire l'apprentissage de l'Amour! Si son Pardon nous soustrayait de la Loi du Karma, l'Homme n'évoluerait pas. Le Christ intervient directement dans les destinées humaines et son souci et que chaque karma individuel soit de nature à engendrer le salut du plus grand nombre possible pour l'évolution de l'humanité.

Beaucoup de gens, chrétiens ou non chrétiens, pensent et sont intimement convaincus, qu'il ne reviendront plus sur terre, une fois leur vie actuelle arrivée à son terme. De tels souhaits ou convictions doivent être suivis d'actes qui s'y conforment sinon ce n'est qu'un désir purement humain de fuir la dureté de la vie terrestre. Le séjour dans le monde spirituel dure en général plus longtemps que le séjour terrestre et notre jugement là-bas est bien différent de notre jugement ici sur terre. En particulier nous avons tous bel et bien choisi nos parents par affinité avant de descendre sur terre, pourtant et surtout à l'adolescence, beaucoup trouvent que ses parents ne sont pas des modèles du genre. Lorsqu'on franchit la porte de la mort et qu'on est en présence des autres défunts ainsi que des hiérarchies, les forces qui agissent sur l'âme humaine font envisager le retour sur terre comme le moyen "idéal" de se perfectionner, de se rapprocher du divin. Dieu nous aime mais aimer quelqu'un ce n'est pas le féliciter pour ses fautes ni le laisser s'embourber, c'est lui donner ce dont il a besoin pour grandir.

Le lecteur averti aurait sans doute remarqué que dans Matthieu chap.4 verset 12 et aussi le chap.11, le Christ n'a pas levé le petit doigt lorsque Jean le Baptiste, réincarnation d'Elie (chap.11 verset 14 et chap.17:11-13), allait en prison pour être ensuite décapité (Matthieu chap.14) et ceci justement pour avoir lui aussi décapité les adeptes de Baal, quelques siècles plut tôt. Comme ces derniers ne lui ont pas pardonnné son acte, les voilà de nouveau sur terre pour corriger l'erreur tel qu'il est expliqué dans Ultimes pardons. Et comme il est aussi écrit dans l'ancien testament (II Roi 2:11) qu'Elie était monté vivant au ciel, la plupart des chrétiens interprétaient à tort qu'il allait y rester éternellement. Il en est de même pour le larron qui était crucifié à droite du Christ; se retrouver au paradis avec le Christ ne veux pas dire qu'il est dispensé de corriger le mal qu'il a fait.

Remarques:
1) Malgré le fait que Jean le Baptiste ait été un esprit avancé de son époque, il ignorait qui il était dans une vie antérieure (comme la plupart de nous tous).
2) La position des deux larrons sur la croix n'est pas sans rappeler que notre cerveau gauche est le siège de l'intellect, de la logique, de la technologie, de la science tandis que celui de droite est le siège de l'intuition, de la sagesse, de l'intelligence du coeur.

Pour illustrer tout ce qui précède, voici d'abord une pensée d'Aïvanhov sur le pardon:
" Vous avez fait du tort à quelqu'un et vous allez lui présenter des excuses. C'est très bien. Mais cela ne suffit pas: vous devez encore réparer les dégâts. Ce n'est que de cette façon que vous serez quitte. Dire à celui que vous avez lésé: «Je suis navré, pardonnez-moi...» ne suffit pas, et la loi divine vous poursuivra jusqu'à ce que vous ayez réparé le mal. Vous direz: «Mais si cette personne que j'ai lésée me pardonne?» Non, la question n'est pas réglée si facilement, car la loi et la personne, ce n'est pas la même chose. La personne vous a pardonné, mais la loi, elle, ne vous pardonne pas, elle vous poursuit jusqu'à ce que vous ayez réparé. Evidemment, celui qui pardonne fait preuve de noblesse, de générosité, il se libère des tourments, des rancunes qui le maintenaient dans les régions inférieures du plan astral. Si Jésus a dit qu'il faut pardonner à ses ennemis, c'est pour que l'homme arrive à se libérer des pensées et sentiments négatifs qui le désagrègent. Mais le pardon ne règle pas la question: le pardon libère celui qui a été maltraité, lésé, mais il ne libère pas celui qui a commis la faute. Pour se libérer, le coupable doit réparer"

et ensuite des extraits d'une série de conférences faite à Norrköping par Rudolf Steiner, intitulée "Le Christ et l'âme humaine". Sa compréhension nécessite une lecture préliminaire de mes trois autres thèmes: De Jésus au Christ, Le Mystère de Golgotha et La Genèse.

(...)

Retenons essentiellement ceci : l'homme entre en collision avec l'ordonnance universelle lorsqu'il prétend juger valablement des mondes supérieurs en utilisant les critères bons pour le plan physique.

Et nous revenons ici, comme si souvent, sur ce fait capital, sur lequel on ne saurait trop insister: le Christ en tant que Christ n'entre pas dans la catégorie des autres êtres du plan physique ; l'être qui s'incarna en Jésus de Nazareth au moment du baptême de Jean dans le Jourdain n'avait jamais encore été sur la terre ; son être n'est pas de la terre. C'est donc de plein droit que cet être disait à ses disciples : « Vous êtes d'en bas, moi, je suis d'en haut » (Jean 8, 23), c'est-à-dire : je viens du royaume céleste, et vous, vous appartenez au royaume terrestre. - Voyons maintenant ce qui s'ensuit, et c'est une question : l'être spirituel qui s'est incarné en tant que Christ dans le corps physique de Jésus est-il forcé de juger des choses en être terrestre, d'une manière parfaitement légitime sur la terre ? Or l'être qui, lors du baptême dans le Jourdain, s'est incarné en Jésus, Il ne juge pas selon la terre, Il juge selon les dieux ; et son jugement est nécessairement tout autre que celui qu'ont nécessairement les hommes.

Et maintenant, donnons tout son poids à la parole prononcée sur le Golgotha. Le larron de gauche ne croit pas que le Christ n'est pas seulement un être de ce monde, mais aussi un être d'un autre monde, totalement différent. Par contre, juste avant de mourir, le larron de droite en prend conscience : « Ton royaume, ô Christ, n'est pas de ce monde ; souviens-toi de moi quand tu seras dans ton royaume. » A ce moment, le larron de droite pressent que le Christ appartient à un autre royaume, oùl; le jugement s'exerce tout autrement qu'ici-bas. Et le Christ, sachant qu'il est dans son royaume, peut alors lui répondre : En vérité, à cause du pressentiment que tu as du royaume qui est le mien, tu seras aujourd'hui même - le jour de ta mort -avec moi, dans mon royaume. -Nous avons là le signe de la force supraterrestre du Christ, qui élève l'individualité humaine et lui ouvre l'accès d'un royaume spirituel. Il est bien évident que le jugement des hommes, le jugement terrestre, ne peut faire autrement que d'exiger de chacun des larrons - celui de droite tout comme celui de gauche - qu'il acquitte sa dette karmique. Mais le jugement céleste a, lui, d'autres critères. Et c'est bien là que les difficultés commencent ; en effet, rien n'empêche ici de dire que s'il en est ainsi, il est tout à fait clair que le jugement du ciel est en contradiction avec celui de la terre. Comment le Christ peut-il pardonner la faute pour laquelle le jugement terrestre requiert l'application du karma ?

Cette question est vraiment épineuse, mes chers amis ; nous allons quand même, ce soir, l'examiner de plus près. J'insiste néanmoins : le problème auquel nous touchons ici est l'un des plus ardus de la science de l'esprit. Il nous faut en effet établir une distinction que l'âme humaine préfère éviter, car elle répugne à aller jusqu'au fond d'une question qui lui donne du fil à retordre. Oui, j'insiste, les choses n'iront pas toutes seules et vous serez peut-être obligés de tourner et retourner maintes fois dans vote âme ce que je vais vous dire, afin de voir vraiment ce dont il est question.

Commençons donc par établir une distinction. Considérons en premier comment procède dans le karma la justice objective. Et là, soyons bien au clair : l'homme est effectivement soumis à son karma; le mal qu'il a fait, il faut qu'il le compense.

Celui qui y réfléchit vraiment ne voudrait au fond pas qu'il en fût autrement. Supposons en effet que quelqu'un ait commis une mauvaise action. Au moment même oùl; il a pu la commettre, il se retrouve plus imparfait qu'il ne le fût resté sans cela, et son degré antérieur de perfection, il ne peut le retrouver qu'une fois compensée la mauvaise action. Il souhaite donc nécessairement travailler à cette compensation, qui est le seul moyen pour lui de recouvrer son degré de perfection précédent.

Notre souci de perfectionnement va donc nécessairement de pair avec le souhait qu'existe une justice objective - celle du karma. L'idée même de la liberté humaine rend au fond impossible le souhait de se voir pardonner quelque péché que ce soit, de manière que, par exemple, je crève aujourd'hui les yeux d'un autre, et que demain ce péché soit effacé, que je n'aie plus à l'expier par mon karma. Celui qui crève les yeux d'un autre est moins parfait que celui qui n'a pas commis un tel acte, il faudra que son karma requière de lui une bonne action compensatoire ; alors seulement il se retrouvera l'homme qu'il était avant sa faute. Si donc l'on réfléchit vraiment à ce qu'est la nature humaine, il est au fond tout à fait inconcevable qu'on puisse crever les yeux de quelqu'un et se tirer karmiquement d'affaire avec un pardon. Il est donc parfaitement juste que le karma exige le paiement de nos dettes, jusqu'au dernier petit sou.

Mais nous n'avons pas encore fait le tour de la question. La dette, le péché dont nous nous chargeons, ce n'est pas seulement une affaire personnelle, c'est aussi - et la distinction est d'importance - une affaire qui concerne le monde, c'est un fait universel objectif. La faute que nous avons commise, nous la réparerons par notre karma ; mais que nous ayons crevé les yeux de quelqu'un, c'est là un fait, c'est quelque chose qui s'est réellement passé ; et celui qui crève les yeux d'un autre au cours de son actuelle incarnation aura beau compenser cet acte au cours de l'incarnation suivante, l'acte commis - les yeux crevés quelques siècles plus tôt - ne s'en est pas moins inscrit dans la permanence de l'évolution universelle comme un fait objectif. Son auteur le compensera un jour personnellement. La souillure sur notre propre compte, nous la solderons par notre karma, mais le fait universel objectif, lui, demeure, nous ne pouvons pas l'effacer en nous délestant de notre imperfection.

Il faut donc distinguer entre les conséquences d'un péché pour nous-même et ses conséquences pour l'évolution objective du monde. Cette distinction est d'une extrême importance. Qu'il me soit permis d'avoir ici recours à la science initiatique pour en faciliter la compréhension.

Celui qui considère l'évolution de l'humanité depuis le Mystère du Golgotha et qui aborde la chronique de l'Akasha sans être imprégné par l'entité du Christ fait facilement erreur - oui, le risque est énorme. En effet, cette chronique porte des inscriptions qui sont très fréquemment en contradiction avec ce que l'on peut lire dans l'évolution karmique des individus. Prenons un exemple. Supposons qu'en l'an 733 ait vécu un homme ayant commis une faute grave. On entreprend des recherches dans la chronique de l'Akasha, sans avoir au départ le moindre lien avec le Christ. Surprise : on ne trouve pas trace de la faute en question dans la chronique de l'Akasha. Mais si l'on s'intéresse ensuite à l'individu lui-même, qui a continué à vivre, et que l'on explore son karma, on découvre que ce karma porte encore la marque d'une dette à acquitter ; cette dette, se dit-on, devrait apparaître en un point précis de la chronique de l'Akasha ; or, elle n'y paraît point.

L'examen du karma de l'individu révèle donc l'existence d'une faute qui devrait figurer en bonne place dans la chronique de l'Akasha, mais ne s'y trouve pas. Quelle inconséquence ! Et pourtant, c'est un fait parfaitement objectif, et loin d'être unique en son genre ! Il se peut que je fasse aujourd'hui une rencontre. Si la grâce m'est donnée d'apprendre quelque chose sur le karma de cette personne, je découvrirai peut-être que tel malheur, tel coup du sort qui l'a frappée fait partie de son karma, qu'il s'agit du rachat d'une dette antérieure. Pourtant, si je remonte le cours de ses incarnations précédentes pour voir quelle faute elle a commise à l'époque, je n'en trouve aucune trace dans la chronique de l'Akasha. Comment cela se fait-il ?

Cela vient de ce que le Christ s'est effectivement chargé de la dette objective. A partir du moment oùl; je m'imprègne du Christ, oùl; c'est avec le Christ que j'explore le contenu de la chronique de l'Akasha, je découvre ce qui me manquait! Le Christ a pris la dette dans son royaume, c'est son être qui désormais la porte, si bien que si je ne tiens pas compte du Christ, il m'est impossible de trouver cette dette dans la chronique de l'Akasha. il faut donc bien distinguer deux choses.

La justice karmique demeure ; quant aux conséquences d'une dette dans le monde spirituel, c'est par contre le Christ qui intervient ; il fait passer la dette dans son royaume, et dorénavant s'en charge. Parce que son royaume n'est pas de ce monde, le Christ est celui qui est en mesure d'enlever nos dettes et nos péchés du monde, de les prendre sur lui. En définitive, que dit donc sur le Golgotha le Christ en croix au larron de gauche ? Il ne parle pas, c'est vrai, mais c'est son silence même qui parle : Ce que tu as fait ne s'arrête pas ici ; cela aura des conséquences, non seulement dans le monde physique, mais encore dans le monde de l'esprit. - Et le Christ dit au larron de droite : « Aujourd'hui même tu seras avec moi dans le paradis. »

Ce qui signifie : je me charge de ton acte ; ce que tu as fait, dans la mesure oùl; cela te concerne toi-même, tu seras amené par ton karma à le réparer un jour. Mais dans la mesure oùl; ta faute concerne le monde, eh bien - s'il est permis d'employer un cliché -, j'en fais mon affaire ! Voilà ce que dit le Christ. - La distinction que nous faisons ici est capitale, et elle vaut tout autant pour l'époque qui a précédé le Mystère du Golgotha que pour celle qui la suit.

J'ai naguère attiré l'attention sur le fait que la descente du Christ parmi les morts après sa mort n'était pas une légende, certains de nos amis s'en souviendront sûrement. Ce faisant, il fit quelque chose pour les âmes qui s'étaient précédemment chargées de dettes et de péchés. Or si, étudiant la chronique de l'Akasha, on explore l'évolution terrestre antérieure au Mystère du Golgotha sans être imprégné par le Christ, on tombe dans la même erreur. On ne verra dans la chronique de l'Akasha qu'un tissu d'erreurs. C'est pourquoi il n'y a rien de surprenant à ce que quelqu'un comme Leadbeater, qui en réalité ignore tout du Christ, en vienne à des affirmations des plus nébuleuses dans son livre L'homme, d'oùl; vient-il, oùl; va-t-il ? Car seule l'âme qui s'est pénétrée de l'impulsion du Christ est capable de voir dans leur réalité les choses qui, même avant qu'il ait eu lieu, se sont organisées, au sein de l'évolution terrestre, autour de ce Mystère du Golgotha.

Le karma s'applique aux incarnations successives de l'être humain. C'est notre jugement terrestre qui est à même de discerner le sens de la justice karmique. Ce que le Christ fait pour l'humanité relève d'un jugement qui n'est pas de ce monde. Et s'il en était autrement ? Oui, s'il n'en était pas ainsi ? Songeons un instant à la fin du monde terrestre, au moment oùl; les hommes seront arrivés au bout de leurs incarnations terrestres. Un fait est inéluctable : il faudra que tout soit payé, jusqu'au dernier liard. Les âmes humaines devront avoir réglé leur karma d'une certaine manière. Mais imaginons que la terre, elle, garde les marques de toutes les dettes, que celles-ci continuent à exercer leur action dans la terre. Que se passerait-il à la fin de la période terrestre ?

Les hommes auraient réglé leur karma, mais la terre ne serait pas en mesure de se transformer en Jupiter ; alors, l'humanité tout entière serait là, sans lieu oùl; demeurer, sans possibilité de poursuivre son évolution sur Jupiter. Que la terre tout entière évolue avec les hommes, cela, nous le devons à l'acte du Christ. Sans lui, tout ce qui serait pour la terre une accumulation de dettes précipiterait celle-ci dans les ténèbres, et nous, les hommes, serions privés d'une planète nous permettant de continuer notre évolution. Nous sommes bien en mesure de régler notre propre karma, mais pour ce qui est de l'humanité dans son ensemble, pour ce qui, dans l'évolution terrestre, est lié à l'évolution de toute l'humanité, nous sommes totalement impuissants.

Soyons donc bien au clair : notre karma demeure notre affaire ; mais les conséquences de nos fautes et de nos péchés pour l'évolution terrestre sont, elles, effacées par ce qui est intervenu lors du Mystère du Golgotha. Mais il est bien évident que tout cela ne peut pas couler de source sans que nous y soyons pour quelque chose, sans notre collaboration. Cela, le Christ en croix nous le donne nettement à entendre, lorsqu'il prononce les paroles que j'ai citées plus haut. Nous voyons bien que le larron de droite a le pressentiment d'un royaume supraterrestre, oùl; les choses se passent autrement qu'ici-bas. Il faut que l'homme imprègne son âme de la substance même du Christ ; il doit en quelque sorte avoir pris dans son âme un peu du Christ, de façon que le Christ agisse en lui et l'élève dans un monde oùl; il est certes impuissant à annuler son karma, mais oùl;, grâce au Christ, sa dette et ses péchés sont effacés pour le monde extérieur.

C'est au fond sous forme d'images que nous retrouvons de merveilleuses représentations de ces choses ; la peinture nous en donne des exemples. Ainsi le Jugement Dernier de Michel Ange dans la Chapelle Sixtine. Comment ne pas être profondément impressionné par son Christ-Juge ? Quel en est au fond le motif ? Laissons de côté l'aspect profondément ésotérique, et occupons-nous seulement de l'image qui s'offre à notre âme. Nous voyons les justes, et nous voyons les pécheurs. Michel-Ange a peint cette scène en chrétien, mais on pourrait tout aussi bien la voir tout autrement, et représenter les hommes face à leur karma au moment oùl; s'achève - ou vient de s'achever - l'évolution terrestre, et se disant : J'ai certes purgé mon karma, mais mes dettes, elles, sont inscrites partout dans le monde spirituel, sur des tables d'airain, et leur poids alourdit la terre, il va forcément la détruire. Mon karma, je l'ai réglé, et pourtant il est là, il est partout. - Mais cette scène-là ne serait pas vraie ; on pourrait représenter les choses sous cette forme, mais ce serait une contre-vérité. Car le Christ est mort sur le Golgotha, et de ce fait, l'homme ne verra pas son ardoise chargée de dettes, il verra celui qui s'en est chargé ; il verra rassemblé dans l'être du Christ tout ce qui autrement s'étalerait dans la chronique de l'Akasha. Au lieu de cette chronique, c'est le Christ, s'étant chargé de tout, qui se tient devant lui.

Ici le regard plonge dans de profonds secrets du devenir terrestre. Mais pour vraiment saisir du regard la réalité des faits, il y a une condition inéluctable. Laquelle ? C'est que tous les hommes, justes et pécheurs, puissent lever les yeux vers le Christ, qu'ils ne voient pas le vide là oùl; lui doit se voir. C'est d'avoir un lien avec le Christ. Et le larron de droite lui-même témoigne par ses paroles de son lien avec le Christ. Et lorsque le Christ confia à ceux qui agissent dans son esprit en quelque sorte la mission du pardon des péchés, il ne pouvait absolument pas être question d'entraver l'action du karma ! Mais ce que cela veut dire, c'est que pour celui qui a un lien avec le Christ, le monde terrestre est sauvé des conséquences, des conséquences spirituelles de la dette et du péché, qui restent des faits objectifs, même lorsque le karma ultérieur en a permis le rachat.

Que signifie pour l'âme humaine la parole de celui qui a pouvoir de dire au nom du Christ : « Tes péchés te sont remis » (Matthieu 9, 2) ? Que celui qui lui parle lui affirme ceci, en connaissance de cause : il faut certes que tu t'attendes à solder ton karma, mais le Christ a transformé ta dette et ton péché, de façon que tu n'aies pas à endurer plus tard l'indicible souffrance de voir que toi, par ta faute, tu as détruit une partie de la terre. -- Le Christ efface cette faute. Mais une certaine prise de conscience est nécessaire de ta part, et celui qui veut remettre les péchés et donner l'absolution a le droit de l'exiger : conscience de ta dette et conscience du fait que le Christ peut s'en charger. Alors la parole « Tes dettes te sont remises » ne désignent pas un fait karmique.

Il est un passage oùl; le Christ montre d'une manière profondément émouvante sa position sur ce problème. A ceux qui lui amènent la femme qu'ils condamnent pour adultère - évoquons-la devant notre âme, cette scène de la femme adultère (Jean 8, 1-11) --, le Christ donne une double réponse ; d'une part, il trace des signes dans la terre ; de l'autre, ni jugement ni condamnation : il pardonne. Pourquoi ces inscriptions dans la terre ? Parce que le karma, la justice objective, est à l' oeuvre. Pour la femme adultère, son acte est indélébile, le Christ l'inscrit dans la terre. Quant aux conséquences spirituelles de son acte, celles qui ne sont pas terrestres, il en va tout autrement : c'est le Christ qui s'en charge. « Il pardonne, il remet » : cela ne veut pas dire qu'il efface la faute au sens absolu du terme, mais qu'il se charge des conséquences d'un acte objectif.

Réfléchissons maintenant à ce que cela signifie pour l'âme humaine de pouvoir se dire : Oui, j'ai fait telle ou telle chose dans le monde. Mon progrès ne s'en trouve pas entravé, car l'imperfection que je dois à mon acte n'est pas définitive. Il m'est permis de reconquérir mon niveau de perfection dans la suite de mon karma, en rachetant mon acte. Mais pour l'évolution de la terre, ce que j'ai fait est fait et je ne puis le défaire. -- Indicibles seraient nos souffrances, s'il n'était pas venu se lier à la terre un être qui défait ce que nous avons fait à la terre et à quoi nous ne pouvons plus rien changer. Cet être, c'est le Christ. Ce dont il nous décharge, ce n'est pas notre karma subjectif, mais les conséquences des fautes, de la dette. Et c'est cela qui doit être le sujet de notre travail intérieur. Car c'est là notre seul moyen de comprendre un jour que le Christ est en réalité l'être qui est lié à toute I'humanité, à tous les hommes de la terre ; car c'est pour les hommes que la terre existe ; et c'est à cette terre tout entière que le Christ est lié. Et l'infirmité humaine, conséquence de la tentation luciférienne, c'est l'incapacité de l'homme à racheter la terre comme il se rachète lui-même par son karma subjectif. La rédemption de la terre est l'oeuvre de l'être divin, du Christ.

L'homme serait un être purement luciférien s'il ne pensait qu'à lui-même. Mais il est membre du monde entier : comment ne penserait-il pas au monde avec abnégation ? Ainsi lui faut-il réfléchir au fait qu'il peut assurer son propre salut par son karma, mais qu'il ne peut pas aussi assurer le salut de la terre. Là, il faut l'intervention du Christ. Et du moment oùl; nous prenons la décision de ne pas penser à notre seul Moi, nous pensons nécessairement aussi à autre chose. A quoi donc ? Au Christ en moi, dit l'apôtre Paul. Nous sommes alors avec lui lié à toute la terre, et nous ne pensons plus à notre salut personnel; nous disons : Pas moi et mon salut personnel -pas moi, mais le Christ en moi et la rédemption de la terre !

Peut-être est-il permis de se demander s'il est vraiment chrétien de penser ainsi : je peux faire n'importe quoi, si le Christ est venu sur la terre, c'est tout simplement pour prendre tout cela sur ses épaules, pour me pardonner mes péchés de façon que j'en sois débarrassé, que je sois débarrassé de mon karma ! Il me semble que, pour ce mode de pensée, le mot de « chrétien » n'est pas celui qui convient le mieux, et qu'il vaudrait peut-être mieux dire « commode ». Ce serai en effet bien commode s'il suffisait d'être contrit pour que tout le mal qu'on a fait dans le monde disparaisse de son compte karmique. Non, la dette reste inscrite dans le karma, mais elle peut être effacée de ce dont notre faiblesse humaine, due à la tentation luciférienne, nous interdit l'accès, c'est-à-dire de l'évolution de la terre. Et c'est le Christ qui s'en charge. Et la souffrance dont la rédemption des péchés nous délivre, c'est celle d'avoir contribué à grever l'évolution terrestre d'une dette objective pour l'éternité. Il est bien entendu que cette délivrance ne va pas sans que nous nous y intéressions sérieusement. Mais si cet intérêt existe, nous verrons qu'un travail sérieux et énergique va de pair avec une conception authentique du Christ, ici comme en bien d'autres domaines. Oui, un profond sérieux s'attachera à cette conception du Christ, et l'on verra se démasquer dans leur frivolité et leur cynisme, et s'effondrer, maints aspects inhérents à maintes conceptions du Christ. Car tout ce que nous venons de dire, et qui renvoie point par point à des passages particulièrement importants du Nouveau Testament, tout cela nous confirme que ce que le Christ est pour nous, il l'est parce qu'il n'est pas un homme comme les autres ; il l'est parce qu'il est venu d'en haut, se lier lors du baptême dans le Jourdain à l'évolution terrestre de l'homme. Tout témoigne de la nature universelle du Christ. Et celui qui saisit en profondeur les rapports qu'établit le Christ avec le péché et la dette est porté à dire que parce que l'homme restait incapable d'effacer la faute dont il grevait la terre, il fallait que descendit un être divin : lui seul pouvait racheter la dette contractée envers la terre.

Si l'humanité prend véritablement les choses au sérieux lorsqu'il s'agit du Christ, elle sera peu à peu pénétrée du sentiment que, pour se rendre digne du Christ qui vit en chacun, il importe de s'approcher de plus en plus consciencieusement de lui, de la présence en nous de ce principe divin.

Ce que l'on peut en un certain sens appeler la conscience morale chrétienne viendra au fur et à mesure que le Christ entrera dans les âmes ; elle viendra lorsque les âmes seront conscientes de la présence du Christ, lorsque sera vraie la parole de Paul: « Pas moi, mais le Christ en moi. » Et les âmes auront de plus en plus conscience que croire ce que l'on dit n'est pas suffisant, mais qu'il importe aussi d'en vérifier objectivement l'exactitude. Le Christ sera pour l'âme un maître de la vérité, un maître de la responsabilité supérieure. Et c'est de vérité, de responsabilité supérieure qu'il imprégnera les âmes qui sauront de mieux en mieux sentir la gravité de cette parole : « Pas moi, mais le Christ en moi. »

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