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Lausanne est une petite ville, au bord du Lac Léman, très attachante pour sa tranquillité et sa verdure. Pour une visite en image cliquer ici. C'est la capitale du canton de Vaud, un des 23 cantons qui composent la Suisse, appelée aussi Confédération Helvétique (d’où le sigle CH). Le 1er août 2016, les suisses ont fêté la 725-ème anniversaire de la confédération helvétique.
La capitale de la Suisse est Berne et non pas Zurich ni Genève comme beaucoup le pensent. Le président de la Confédération (cf autorités fédérales) pour l'année 2016 est Johann Schneider-Ammann. En Suisse, le président n'est pas élu au suffrage universel mais déterminé par un système de rotation collégial et le titulaire change chaque année. Pour consulter la liste des présidents qui se sont succéder cliquer ici. (cf articles en annexe).
Lors de l'élection du 10 décembre 2003, un séïsme historique a secoué la coupole fédérale: L'UDC avec Christophe Blocher a enterré la fameuse formule magique au détriment de Ruth Metzler (PDC) laquelle aurait dû être la présidente de la Confédération en 2004.

La proportion d'étrangers vivant en Suisse est plus importante que dans tous les pays voisins. La raison principale est la lourdeur des démarches pour se naturaliser. A fin Avril 2004, 20.2% de la population résidente en Suisse était de nationalité étrangère, soit 1'483'756 personnes (+1.9% par rapport à 2003). La plus forte augmentation concerne les Portugais, les Allemands et les Français. La nationalité suisse a été accordée à 35'235 personnes (+336). De nouveaux projets de loi sont en cours dans le canton de Vaud pour faciliter l'accès à la naturalisation (cf articles en annexe). C'est surtout dans la Suisse romande, francophone, qu’il y a le plus de Malgaches. Un reportage sur la communauté malgache en Suisse a été fait par le quotidien lausannois 24 Heures au mois d'août 2000. Si vous avez les moyens et si vous avez l'intention de vous établir en Suisse, lisez d'abord ceci à titre d'information.

Par leur vote du 24 septembre 2006, les Suisses ont quasiment fermés leurs frontières aux étrangers non européens, en particulier ceux du tiers-monde (cf article en annexe).

Plusieurs entités en relation avec Madagascar existent en Suisse. Pour en citer quelques uns, ceux dont les activités ont le plus d'impact sur la communauté malgache:

La FKMSM ou Fiangonana Kristiana Malagasy aty Soisa sy ny Manodidina c.à.d Eglise Chrétienne Malgache en Suisse et aux environs qui est oecuménique. Elle a fêtée sa 30-ème année d'existence en novembre 2015 et a deux chorales, un à Genève et un à Lausanne.
La F.J.K.M. Gland, antenne suisse de l'Eglise de Jésus Christ à Madagascar et qui est protestante.
La : Mission permanente de la République de Madagascar auprès des Nations-Unies
L'épicerie malgache à BegninsVente de produits et boissons malgaches pour les nostalgiques.
Par ailleurs la branche suisse de Terre des Hommes fait venir régulièrement des enfants de Madagascar pour être soignés dans les hôpitaux suisses. Généralement il s’agit d’une opération chirurgicale qui ne peut pas être effectuée sur le lieu d’origine de l’enfant.

La plus grande partie des malgaches habitant en Suisse est répartie dans la zone délimitée par Genève, Lausanne, Fribourg et Neuchâtel. En général ce sont des étudiants à  l'EPFL, à l'Université de Lausanne, à l'école hotelière, à l'Université de Neuchâtel, à l'école d'ingénieur du Canton de Vaud, à l'école d'ingénieur de Genève, à la HEG de Genève. D'autres infos sur les études supérieures en Suisse sont disponibles en cliquant ici ou bien là...

L'enseignement de la théologie en Suisse romande
Les trois universités romandes jouent la carte de la différenciation pour assurer leur complémentarité, offrir une formation diversifiée et décerner des grades communs. L'enseignement se répartit en cinq centres de compétences au profil marqué. Genève accueille l'histoire en mettant l'accent sur la tradition protestante, la systématique et l'éthique. Lausanne enseigne les sciences bibliques et les sciences des religions. Neuchâtel se consacre à la théologie pratique et à l'herméneutique.

Il faut souligner, à titre d'information, les trois choses qui font la particularité de la Suisse à mon humble avis. Il y a d'abord le secret bancaire, ensuite la politique de neutralité vis-à-vis des conflits internationaux et enfin la non appartenance de la Suisse à l'union européenne (reférendum rejeté par le peuple le dimanche 6 décembre 1992). Ces trois points reviennent très souvent à la première place de l'actualité suisse. Une autre particularité est la stabilité du gouvernement grâce à la fameuse "Formule magique" même si l'UDC a mis fin à cette situation depuis fin 2003.

L'autre aspect de la Suisse qui me tient particulièrement à coeur est d'ordre spirituel. Il faut être de mauvaise foi pour ne pas constater que la Suisse est un pays béni des dieux. Même si beaucoup ne sont pas pratiquant, la Suisse est un pays à majorité chrétienne (cf Religion). En fait, après plusieurs guerres internes, souvent très féroces, les Suisses ont compris, et ceci petit à petit depuis 700 ans, qu'il vaut mieux vivre ensemble avec ses différences linguistiques et culturelles plutôt que de se haïr ou de s'entretuer. C'est le message de la Suisse à l'humanité entière. Et celui qui a agit dans ce sens depuis fort longtemps, et qui reste toujours dans les arrières-plans spirituels de la Suisse est Saint Nicolas de Flue. Une autre personne qui est à l'origine du rayonnement de la Suisse à l'extérieur du pays est le genevois Henri Dunant (1828-1910). Témoin de sanglantes guerres au 19-ième siècle et voulant aider les bléssés, indépendamment du camp de celui-ci, il eut l'idée de créer la croix rouge. Ce n'est pas un hasard si le drapeau de la croix rouge est l'inverse du drapeau suisse, c'est à dire que c'est la Suisse en dehors du territoire helvétique.  Enfin il faut remarquer, et là aussi ça n'a rien à voir avec le hasard, qu'en offrant un terrain à Rudolf Steiner sur la colline de Dornach près de Bâle en 1925, les membres suisses de la société anthroposophique permirent la construction du Goetheanum en territoire helvetique.


Les plus hauts salaires d'Europe, mais 7e rang seulement en termes de pouvoir d'achat
C'est en Suisse que sont versés les plus hauts salaires d'Europe, mais la Confédération n'occupe que le septième rang en termes de pouvoir d'achat. C'est ce qui ressort d'une comparaison internationale de l'Office fédéral de la statistique (OFS). La Suisse se distingue par son taux d'activité élevé, également chez les femmes.
En 2000 comme en 2002, la Suisse, la Norvège, le Danemark et le Royaume-Uni présentaient les plus gros salaires moyens, avec des rémunérations annuelles supérieures à 40.000 euros. Les quatre pays les moins bien placés de l'Europe des 15 étaient l'Italie, l'Espagne, la Grèce et le Portugal, avec des salaires se situant entre 13.000 et 21.000 euros.
En termes de pouvoir d'achat, toutefois c'est l'Allemagne qui détient la palme. Viennent ensuite le Luxembourg, le Royaume-Uni, et les Pays-Bas, la Suisse n'occupant que la septième position. En 11e position arrive la France. En queue de peloton figurent la Lituanie et la Lettonie, selon les chiffres publiés en août 2004 par l'OFS.
En Suisse, le taux d'activité, calculé sur la base du nombre de personnes en âge de travailler, se montait en 2003 à 81,2%. Un niveau comparable était enregistré dans les pays du nord, l'Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande et le Danemark. Ces taux sont nettement plus bas dans les pays du Sud.
Temps partiel féminin
La Suisse appartient aussi à un groupe de petits pays aux taux de sans-emploi très bas, alors que la Slovaquie et la Pologne, en particulier, doivent lutter contre un chômage élevé. En comparaison européenne, la participation au marché du travail des femmes de 15 à 64 ans est relativement élevée dans la Confédération. Elle atteignait 73,9% en 2003, plus de la moitié travaillant toutefois à temps partiel. Seuls les Pays-Bas dépassent la Suisse à cet égard.
Le temps de travail hebdomadaire normal est supérieur à la moyenne de l'UE dans tous les nouveaux Etats membres, à l'exception de la Lituanie (39,3 heures) et de Chypre (40 heures). La durée du travail en Pologne et en République tchèque (41,5 heures) est comparable à celle de la Suisse (41,7 heures). Parmi les nouveaux Etats membres, les horaires hebdomadaires les plus longs ont été notés en Lettonie (43,5 heures), ce qui s'explique notamment par la part importante des salariés actifs dans l'agriculture. AP



Un petit bémol malgré tout, sur la prospérité matérielle de la Suisse ou d'autres pays riches, qui n' empêche nullement le mal-être d'un nombre de personnes toujours croissant [cf article]. En Suisse le service militaire est obligatoire et ceci jusqu'à 42 ans. Ainsi après les trois mois d'instruction vers l'âge de 18 ans, le citoyen suisse doit faire chaque année quelques semaines de service militaire pris sur son temps de travail. Comme il conserve son fusil d'assaut à la maison, on note malheureusement un nombre plus élevé de suicide chez les jeunes que dans d'autres pays.
Beaucoup de grandes entreprises qui font la renommée de la Suisse sont, au cours de l'année 2003, en sérieuse difficulté. Pour en citer quelques unes: Swiss, la compagnie aérienne nationale (Swissair avant), les banques cantonales (BCV et BCG) ainsi que le Crédit Suisse, Swisscom (téléphonie). Parmi les rescapés, Nestlé affiche une bonne santé . A noter que le patron d’IKEA, Ingvar Kamprad, qui vit dans les hauts de Lausanne (Epalinges) aurait détrôné Bill Gates au hit-parade des multimilliardaires au 1er trimestre 2004 ( cf article).
Il ne faut pas non plus oublier qu'il y a des pauvres en Suisse et ces pauvres ne constituent pas une minorité comme on le croit (10 à 12% de la population selon une enquête de Caritas-Suisse). Pendant le G8 qui eut lieu à Evian (en face de Lausanne mais en France, de l'autre côté du Lac Léman), les manifestations altermondialistes ont été l'occasion pour certains d'exprimer leur ras-le-bol légitime, malheureusement des casseurs en ont profité pour saccager les vitrines des magasins ou d'autres biens appartenant à la collectivité. Comme je l'ai dit dans mes autres pages, il est primordial d'expulser la violence qui est en chacun de nous mais cela doit se faire sans nuire à son voisin.

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Vues extérieure et intérieures du 2nd Goetheanum, siège de l'Université Libre de Science Spirituelle:
A remarquer l'absence totale d'angle droit (symbole de dualité) dans l'architecture.

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Le secret bancaire: c’est quoi au juste?
L’Union européenne met la Suisse sous pression, les banquiers se défendent. Mais, au fait, de quoi s’agit-il vraiment?

Jean-Pierre Gattoni (Article du journal "Le Matin" du 9/2/2001)
Secret bancaire suisse: va-t-il, un jour, exploser sous les coups de boutoir des pays "amis" et ennemis qui n’en veulent plus? On n’en est pas là, et de loin! Alors, prenons le temps de nous balader au sein de ce secret faussement mythifié et qui recouvre des notions bien précises...

fleche1. Pourquoi en parle-t-on si souvent?
Tout est parti du sommet de Feira (Portugal) du 20 juin 2000 lorsque les Quinze de l’Union européenne ont décidé d’imposer, à l’horizon 2010, les revenus de l’épargne.

fleche2. En quoi la Suisse est-elle concernée?
Simple: les instruments prévus par les membres de l’UE retenue à la source ou échanges d’informations ne seront mis en œuvre qu’à la condition exprès que les pays tiers, hors du giron de l’UE, se mettent également au diapason. Par conséquent: la Suisse. Ce qui percute directement son secret bancaire.

fleche3. Que répond notre pays?
Les banquiers et le Conseil fédéral, pour une fois pratiquement sur la même longueur d’onde, répliquent ainsi: le secret bancaire n’est pas négociable. Surtout pas unilatéralement. Mais, ajoutent-ils, si nous refusons l’échange d’informations, nous sommes prêts éventuellement à introduire un impôt anticipé pour obliger les contribuables étrangers à déclarer leur fortune. Ils concluent ainsi: toute disposition nouvelle qui entacherait le secret bancaire doit devenir universelle. Y compris dans les paradis fiscaux dits exotiques (Bahamas, Hongkong, Caïmans, Singapour...).

fleche4. Mais d’où vient le secret bancaire?
Oh, il a près de 300 ans. N’oublions pas que les banquiers genevois étaient banquiers des rois de France. Louis XVI avait même l’un d’entre eux, Jacques Necker, comme ministre des Finances. Le premier texte connu sur le secret bancaire date, semble-t-il, de 1713. La menace nazie a conduit au renforcement de la législation.

fleche5. Qui protège-t-il?
On pense ordinairement que le secret bancaire protège le banquier. C’est faux: il n’est que le secret professionnel du banquier. Et ce devoir de discrétion doit servir les intérêts de sa clientèle. Il est, en vérité, un rempart contre les atteintes à la sphère privée. Comme l’avocat, comme le prêtre ou le pasteur, le banquier décourage les curieux.

fleche6. Tous les clients vraiment?
A dire vrai, les salariés astreints au certificat de salaire et les contribuables honnêtes qui doivent (ou veulent) transmettre au fisc tout ce que les banques savent de leur fortune et de leurs revenus sont les moins concernés par ce problème...

fleche7. Que couvre ce secret?
Il interdit à votre banquier de révéler l’existence de votre compte et de donner des informations sans votre consentement. Si le banquier passe outre, il peut être puni par l’emprisonnement, une amende et des réparations en dommages et intérêts. Le secret bancaire est, en outre, illimité dans le temps, même après la fermeture de votre compte.

fleche8. Qu’en peut-il être levé?
C’est le client qui peut délier la banque de son obligation de discrétion. Le banquier ne peut pas agir de son plein gré. Mais le secret bancaire n’est pas absolu. Il y a des dispositions de droit civil, de droit des poursuites pour dettes et faillites, de droit pénal, de droit pénal administratif et d’entraide judiciaire en matière pénale qui érodent ce secret. Il peut être ainsi levé sur ordre d’une autorité judiciaire contre la volonté du client.

fleche9. Quels sont les cas de dérogation les plus fréquents?
Les voici: instruction pénale pour respecter le droit des héritiers, l’escroquerie fiscale (mais pas la non-déclaration de revenus), l’abus de confiance, la corruption, le crime organisé, le blanchiment d’argent sale. Sur ce dernier point, la Suisse dispose de la meilleure panoplie législative du monde.

fleche10. Existe-t-il des comptes anonymes?
Un compte est dit anonyme, quand l’identité de la personne qui ouvre le compte n’est pas connue du banquier. Or, en Suisse, une banque doit toujours connaître l’identité de ses clients. Il n’existe donc pas de comptes anonymes. En revanche, le compte numéroté est à la disposition de celui qui désire une confidentialité stricte. Mais l’identité de ce client-là est aussi connue de la banque.


Une neutralité à bout de souffle

Anne Dousse
correspondante parlementaire du "Matin"

Le drame qui secoue les Balkans a montré les limites de nos principes fondamentaux. Il est urgent de leur redonner un contenu crédible qui permettra un nouvel élan.

Le Conseil fédéral est profondément embarrassé. Il a du mal à conjuguer les principes fondamentaux de notre politique de neutralité et les impératifs de notre solidarité européenne. La guerre des Balkans a montré une nouvelle fois les limites de sa marge de manœuvre. Mercredi dernier, il s'est engagé à suivre les sanctions décrétées par l'Union européenne à l'encontre de la Yougoslavie, à l'exception de l'embargo pétrolier et celui du trafic aérien. Mais ces décisions reflètent un certain malaise chez nos sept Sages. Car les frappes de l'OTAN n'ont pas reçu l'aval de l'ONU. Or notre rapport sur la neutralité n'a pas prévu ce cas de figure. Notre gouvernement donne la pénible impression d'être mis au pied du mur. Il apparaît dépourvu de toute stratégie face à ces événements. Voilà pourquoi il devient impératif de redéfinir les contours de notre neutralité, afin de lui redonner un nouveau souffle. Ce qui renforcera sa crédibilité.

Notre neutralité est composée d'un noyau dur qui est demeuré jusqu'à présent intouché, à savoir: pas d'action militaire, pas de mise à disposition de notre territoire, pas de livraison d'armes à un belligérant. Le reste de la définition est une question d'interprétation, qui est appliquée en fonction de l'opportunité politique et en fonction des situations. Cela se nomme du pragmatisme et se traduit par une neutralité à géométrie variable.

Or ce bien précieux qui fait partie de nos valeurs traditionnelles est condamné aujourd'hui à évoluer. Il a d'ailleurs au cours des années subi des retouches. Rappelez-vous, en 1920, en adhérant à la Société des Nations, la Suisse se déclarait disposée à participer à des sanctions économiques. En 1938, il est vrai, elle revenait en arrière à la suite de l'inefficacité des mesures prises contre l'Italie. Et en 1990, elle s'associait aux sanctions économiques contre l'Irak. Aujourd'hui, notre pays doit faire des choix. Il est temps de savoir ce qu'on veut, comme le dit très justement Joseph Deiss, le nouveau patron des Affaires étrangères. Finies les tergiversations. Notre neutralité est à bout de souffle.

Certes, les Suisses sont très attachés à ce mythe que nous a légué l'histoire. Peu de citoyens seraient prêts à y renoncer. Ils y verraient un acte de trahison. Certains milieux, comme l'UDC de Christoph Blocher, s'en servent même contre toute influence extérieure. Pourtant, ce serait une erreur de croire que neutralité signifie égoïsme, nationalisme exacerbé et repli sur soi. Et qu'en son nom notre pays refuse par exemple, de réagir au conflit qui secoue le Kosovo et de mener une politique de lâcheté à la Ponce Pilate. Les événements forcent le Conseil fédéral à adapter nos principes fondamentaux aux exigences de notre politique extérieure. Il y a des circonstances qui exigent que la politique prime sur le droit.

Le chemin semble donc tout tracé. Le dernier rapport sur la neutralité, qui date de 1993, est aujourd'hui dépassé. Le Conseil fédéral n'a pas d'autre solution que de remettre l'ouvrage sur le métier. Il est en effet urgent de lui redonner un contenu crédible. Le problème deviendra encore plus pertinent lorsque se posera la question de notre adhésion à l'Union européenne. Si la Suisse veut un jour jouer un rôle clé dans l'instauration de la sécurité en Europe, elle ne pourra pas rester indéfiniment confinée dans une position peu claire et suspecte. Elle doit lever toutes les interrogations et ambiguïtés qui entourent actuellement notre politique de neutralité.

Le gouvernement doit avoir une ligne de conduite claire, qui lui permette de faire face à toutes les conjonctures. Ce qui donnera un nouvel élan à la plupart de nos préceptes traditionnels. Notre politique extérieure s'en trouvera grandie. Le temps est maintenant à l'action. Car il y a urgence. Voilà un formidable défi pour Joseph Deiss.


« Formule magique »...
LE MONDE DIPLOMATIQUE | SEPTEMBRE 1996 | Page 13

http://www.monde-diplomatique.fr/1996/09/A/6065

La stabilité remarquable du système politique de la Suisse se manifeste dans une pratique « directoriale » d'administration. Le gouvernement Conseil fédéral (Bundesrat) est composé de sept membres égaux en droits, élus par les deux Chambres législatives. En vigueur depuis 1959, la « formule magique » tient en une répartition stable des sièges entre les partis politiques : deux membres chacun pour les trois grandes formations politiques le Parti radical-démocrate (PRD), le Parti démocrate-chrétien (PDC), le Parti socialiste (PSS) et un siège pour l'Union démocratique du centre (UDC). Ce système de répartition devait garantir la représentation des plus importantes forces sociales, et surtout contribuer au maintien de la « paix sociale » entre le capital et le travail. Depuis des décennies, les rapports de forces au sein du Parlement sont restés remarquablement stables. Après les élections de l'automne 1995, les partis présents au Conseil fédéral ont obtenu 74 % des suffrages (PSS : 21,8 % ; PRD : 20,2 % ; PDC : 17,0 % ; UDC : 14,9 %) et à peu près 80 % des sièges parlementaires plus de 90 % au Conseil des Etats. Toutefois, la participation électorale a reculé inlassablement depuis cinquante ans, jusqu'à 42,3 % en 1995. L'opposition s'exprime plutôt lors des référendums qu'à l'occasion des élections. Le système permet également aux partis gouvernementaux d'adopter la fonction de l'opposition sur certains enjeux. Ce modèle « directorial » ne fait pas l'unanimité. Les milieux patronaux ainsi que des forces conservatrices dans les partis bourgeois souhaitent écarter le Parti socialiste du gouvernement afin d'appliquer leur programme de dérégulation ou de « renouveau économique » sans opposition. D'autres critiques à gauche voient la participation de l'UDC au gouvernement fédéral d'un mauvais oeil, car ce parti est de plus en plus dominé par des tendances isolationnistes et populistes d'extrême droite


Pourquoi le gouvernement carbure à la concordance
La composition du Conseil fédéral vous échappe? Quelques clés pour comprendre
ARTHUR GROSJEAN (18-11-2003)

Christoph Blocher en a remis une couche ce week-end. Si le Parlement ne l’élit pas au Conseil fédéral, il considérera que les partis refusent le système de concordance. Et donc que l’UDC doit attaquer non pas le PDC mais un siège socialiste. Si ces propos ont été relativisés hier, reste toutefois une question: la concordance, ça veut dire quoi? Accorder ses violons avec les autres partis? Sur quelle base, quels objectifs? Et que vient faire dans cette mélasse la «formule magique»? Pour y voir un peu plus clair, débroussaillons le terrain et voyons comment sont élus les conseillers fédéraux.

- Le Parlement élit le gouvernement
Dans les cantons, les membres du gouvernement (conseillers d’Etat) sont élus par le peuple. Au niveau fédéral, ce n’est pas le cas. Pour préserver les intérêts des minorités linguistiques, il a été décidé de confier ce pouvoir d’élection au Parlement. Les 200 conseillers nationaux (Chambre du peuple) et les 46 conseillers aux Etats (Chambre des cantons) siègent ensemble (Assemblée fédérale) et choisissent à bulletins secrets les sept conseillers fédéraux. Cette élection générale a lieu tous les quatre ans, lors de la première session des Chambres qui suit les élections fédérales. Une élection complémentaire, lors de la démission d’un conseiller fédéral, peut avoir lieu à n’importe quel moment.

- La concordance ou la répartition du pouvoir
Pourquoi n’y a-t-il pas de Vert au Conseil fédéral? Pourquoi y trouve-t-on deux socialistes et deux radicaux? Pourquoi le PDC a-t-il aussi deux sièges et pas un ou trois? Parce que le Gouvernement suisse est élu selon la règle tacite de la concordance. Cela signifie que, lors de l’élection du Conseil fédéral, les députés de l’Assemblée tiennent compte peu ou prou de la force de chaque parti. Plus vous avez de sièges au Parlement et plus vous pouvez prétendre en avoir à l’Exécutif. A cette règle dite «arithmétique» s’ajoute un élément de «savoir-vivre». Un parti doit montrer qu’il est soucieux du bon fonctionnement du gouvernement. Son représentant doit respecter la «collégialité», à savoir assumer publiquement une décision prise par le Conseil même lorsqu’il est d’un avis opposé.

- La «formule magique»,c’est quoi?
C’est une formule de concordance qui a connu un succès phénoménal puisqu’elle est en vigueur depuis 1959. Elle compose le gouvernement selon la «recette» suivante: 2 PRD, 2 PDC, 2 PS et 1 UDC. Elle convenait parfaitement puisque les trois plus grands partis avaient deux sièges chacun et le plus petit (des grands) un seul. Cette formule souffre beaucoup depuis 1999, année de la montée en puissance de l’UDC. Elle devient problématique depuis les dernières élections, car l’UDC est maintenant le premier parti de Suisse. Elle a donc droit à un deuxième siège, arithmétiquement au détriment du PDC.

- La menace des droits populaires
Pourquoi les partis se livrent-ils à des comptes d’apothicaire pour composer le gouvernement? Pourquoi la majorité bourgeoise du Parlement (UDC, PRD, PDC) n’élit-elle pas sept conseillers fédéraux de son camp? Pourquoi accepte-t-elle tous les quatre ans d’élire deux socialistes? Ce n’est pas par philanthropie mais par réalisme politique. Les socialistes représentent une force importante. Rejetés dans l’opposition, ils pourraient exercer un pouvoir de nuisance certain en lançant des référendums. Cette menace n’est pas théorique. On l’a vu à l’échelon cantonal lorsque Genève s’est doté d’un gouvernement «monocolore». Les premiers référendums victorieux de la gauche ont sapé la crédibilité de l’Exécutif. Le 10 décembre, ce n’est plus la gauche mais l’UDC qui menace de se servir de l’arme du référendum si elle n’obtient pas la place qui lui revient au gouvernement fédéral.

- L’impossible programme gouvernemental
A chaque élection, on entend le même refrain. Pourquoi les partis se disputent-ils sur des noms, ou sur des sièges, mais jamais sur un vrai programme de gouvernement? La réponse tient au système de concordance. Puisqu’on intègre des forces antagonistes (UDC-PS), il est très difficile de dégager un projet de législature cohérent. La politique suisse se fait au gré des majorités de circonstance. Le PDC et les radicaux font tantôt alliance avec l’UDC, tantôt avec le PS. On a même vu des alliances «contre nature» entre le PS et l’UDC. Ceux qui souhaitent plus de clarté politique plaident pour un gouvernement d’alternance (à droite ou à gauche) élu sur un vrai programme. Le problème? Il faudrait alors supprimer les droits populaires pour que la marche de ce gouvernement ne soit pas entravée. Ce qui signifierait la disparition de la démocratie directe, un système auquel les Suisses restent très attachés.

VICTOR FINGAL
20 octobre 2003

Ueli Maurer, le président de l'UDC, s'est prononcé clairement hier dans les studios de la Télévision alémanique, à Zurich, pour la candidature du tribun zurichois au Conseil fédéral.

Candidature
«Nous avons assisté à un véritable tremblement de terre politique qui a secoué tout le pays. Seul un homme fort qui possède une dimension nationale et une grande expérience politique entre en ligne de compte pour l'UDC. Cet homme, c'est Christoph Blocher, qui est notre deuxième candidat à la succession de Kaspar Villiger.»

Démocratie
«Nous avons déjà informé samedi Samuel Schmid de notre stratégie, qui doit encore être entérinée vendredi prochain par le parti.»

Refus de Samuel Schmid?
«Si le conseiller fédéral UDC Samuel Schmid refuse la candidature de Christoph Blocher, il pourrait certes rester conseiller fédéral, mais il ne représenterait plus le parti. Nous poursuivons actuellement les négociations avec lui.»

Refus du parlement?
«Si nous n'obtenons pas deux conseillers fédéraux UDC, alors nous nous retirerons du Conseil fédéral. Dans ce cas aussi, si Samuel Schmid décidait quand même de rester, il ne pourrait plus représenter le parti. Quant à l'UDC, elle jouerait alors à fond son rôle d'opposition.»

Responsabilités
«C'est évident: avec deux conseillers fédéraux, nous allons respecter les règles du jeu de la collégialité et des décisions consensuelles.»

Responsabilités bis
«On nous accuse de mener une politique irresponsable, mais ce n'est pas nous qui avons mené les politiques de la santé publique, de l'AVS ou des étrangers avec les résultats que nous connaissons aujourd'hui.»


Le jour où la Coupole a tremblé (10 décembre 2003)

Le Palais fédéral a vécu hier une matinée folle. En trois heures historiques, la messe était dite et la formule magique enterrée
HISTORIQUE Fin d'un système instauré en 1959. Récit d'une journée riche en rebondissements et en suspense sous la Coupole fédérale

La formule magique version 1959 est morte hier. Jamais l’affluence n’a dû être plus compacte, sous la Coupole, pour assister à cette exécution annoncée. En un peu plus de trois heures. Au moment de se lancer dans la réélection du Conseil fédéral, peu après 9heures, personne ne pouvait prédire l’issue des scrutins. "Jusqu’au dernier moment, nous avons espéré que notre stratégie serait couronnée de succès", admettait après la défaite le démocrate-chrétien Jean-Michel Cina. Peu après midi, la messe était dite. Ruth Metzler était évincée, Christoph Blocher était élu et Hans-Rudolf Merz héritait le fauteuil de Villiger.

La tragédie s’ouvre sur la réélection de Moritz Leuenberger. Le socialiste obtient un des plus beaux résultats de l’histoire récente de la Confédération avec 211 voix sur 246. Un score qui illustre surtout la détermination et la discipline de la droite. Les radicaux et l’UDC soutiennent les sièges du PS à condition que la "concordance" soit respectée en donnant deux sièges à l’UDC. Victime de mouvements d’humeur notamment à gauche, Pascal Couchepin est réélu en seconde position avec un score plus conventionnel: 178 voix.

Le duel Blocher-Metzler

A 10 heures, les choses sérieuses commencent. Blocher entre en lice contre l’infortunée Ruth Metzler. La gauche déclare faire bloc derrière elle pour barrer la route au Zurichois. Le premier tour s’achève sur une égalité. Le second round affiche déjà un avantage pour Christoph Blocher. Enfin, le Zurichois obtient de justesse la majorité absolue. Le score ultraserré relève d’une discipline de vote assez rare au sein des groupes. Les dissidents ont pourtant bel et bien fait la différence. Quelques radicaux isolés n’ont pas voté pour Christoph Blocher. En revanche, certains sénateurs PDC se sont abstenus ou ont carrément voté contre leur camp. Les socialistes ont beau s’être contrôlés les votes parmi, le soupçon de possibles indisciplines persiste. Enfin, quatre voix ont cruellement fait défaut à Ruth Metzler: celles des trois élus d’extrême gauche et d’un Vert, qui se sont abstenus. "J’accepte mon élection et je ferai ce que je peux avec l’aide de Dieu", déclare alors Christoph Blocher, qui vit avec l’UDC son heure de gloire. A gauche, la nervosité et la déception sont à leur comble.

Metzler contre Deiss

Au quatrième tour, radicaux et UDC proposent d’opposer Ruth Metzler à Joseph Deiss, le PDC n’ayant pas choisi lui-même. Le groupe PDC refuse ce combat fratricide et soutient le Fribourgeois. Ruth Metzler se garde bien de se retirer de la course. Elle l’avoue sans ambages: "J’aurais accepté d’être élue contre Deiss." Cette fois, la gauche vote en faveur du ministre de l’Economie, réputé plus conciliant sur les thèmes sociaux. Ruth Metzler boit définitivement la tasse, malgré le soutien d’une partie de la droite. Elle annonce alors son retrait de la compétition dans une allocution qui saborde les espoirs de son groupe et d’une partie de la gauche, prêts à la lancer contre le second siège radical. La démocrate-chrétienne Rosmarie Zapfl (ZH) fond en larmes.

Schmid et Calmy-Rey à l’abri

L’UDC satisfaite, la réélection de Calmy-Rey et de Schmid n’est qu’une formalité. Malgré une abstention massive de la gauche, le Bernois n’est pas inquiété un seul instant par la candidature écologiste, qui n’a jamais pesé dans le scrutin. Ruth Genner n’obtient que les voix de son parti. Quant à Calmy-Rey, elle est réélue triomphalement par une droite alignée sur un score extravagant de 206 voix.

Dans le dernier acte de la tragédie, une seconde femme mord la poussière: l’ancienne conseillère aux Etats Christine Beerli (BE), experte de la mécanique fédérale. Elle était donnée hyperfavorite contre Merz pour son profil consensuel. A l’arrivée, elle n’a de loin pas fait le plein de voix à gauche. Bien des élus avaient des appréhensions contre les louvoiements de la Bernoise. Certains ont même préféré l’Appenzellois. Les démocrates-chrétiens eux-mêmes ont clairement préféré Merz. En outre, tant les radicaux que l’UDC lui ont donné un net avantage. De quoi lui assurer dès le premier tour une avance confortable. Merz est élu par 127 voix contre 96 à Beerli. A gauche, quelques visages se décomposent. Certains radicaux ne cachent pas leur colère. A droite de l’hémicycle, c’est la liesse.

Deiss président impromptu

Enfin, Joseph Deiss est élu président de la Confédération en lieu et place de Ruth Metzler. Un honneur au goût amer. Il devra faire face à cette année sans préparation aucune. D’ordinaire, les visites présidentielles se préparent de longue date. A peine les élections closes, Pascal Couchepin donne une brève allocution télévisée. Il rend hommage à Ruth Metzler et accueille les nouveaux élus. Après quoi, l’Appenzelloise est écartée sans pitié pour la photo du nouveau gouvernement.

Merz et Blocher affrontent pour la première fois les médias avec leur casquette gouvernementale. Le PS se console de ses déceptions avec la réélection de ses deux conseillers fédéraux. Quant aux responsables du PDC, groggy, ils préparent la "refondation" du parti.

(Retour texte initial)


EUROPE : L'ÉCHEC DE L'EEE EST OUBLIÉ

Après le dimanche noir, le dimanche rose

Les citoyens suisses ont plébiscité les accords bilatéraux par 67,2% des suffrages. La stratégie du Conseil fédéral a payé.

ARTHUR GROSJEAN

Après le "dimanche noir" du 6 décembre 1992, voici le dimanche rose. Les Suisses ont plébiscité hier les accords bilatéraux. Alémaniques compris. Tous les cantons ont dit oui sauf Schwytz et le Tessin. Résultat: une approbation massive avec 67,2% des voix. Pour un paquet ficelé dans lequel on trouvait un élément aussi délicat que la libre circulation des personnes, c'est inespéré. Le vote négatif sur l'Espace économique européen appartient désormais au passé.

Comment s'explique une pareille victoire? Rendons à César ce qui est à César. Le Conseil fédéral a su trouver la bonne stratégie. Il a fait passer un message simple et clair: "Les bilatérales sont un accord en soi. Que vous soyez pour ou contre une adhésion à l'Union européenne, vous pouvez voter oui." En préférant l'explication des accords à l'excommunication des opposants, le gouvernement n'a pas divisé l'électorat. La campagne a été certes pragmatique, technique et... ennuyeuse mais aussi redoutablement efficace.

Entre deux pôles...

Cette stratégie des petits pas énerve bien sûr les euroturbos et les europhobes. Chacun a essayé hier de récupérer le vote des Suisses à son profit. Les socialistes, qui se disent "enthousiasmés" par ce oui, demandent une réactivation rapide de la demande d'adhésion de la Suisse à l'Union européenne. Cet avis est partagé par les Verts, la gauche du PdT-POP, les associations proeuropéennes et les gouvernements cantonaux de Genève et du Jura. A l'opposé, on trouve l'Union démocratique du centre. Pour elle, ce vote démontre que les Suisses ne veulent pas aller plus loin et donc que l'adhésion n'est plus à l'ordre du jour. A ses côtés figurent déjà l'Association pour une Suisse indépendante et neutre, les Démocrates suisses et, côté économique, l'Union suisse des arts et métiers.

... la troisième voie

Entre ces deux pôles, on trouve le Conseil fédéral. Qui persiste et signe. L'adhésion reste un but à long terme car ce week-end "le peuple a dit oui et oui uniquement aux accords bilatéraux", martèle Pascal Couchepin. Cette troisième voie est appuyée par les radicaux et même par le Parti démocrate-chrétien qui pourtant se présente comme un fervent supporter de l'adhésion. Ce camp est renforcé par un poids lourd de la politique suisse en la personne du... Vorort. Le lobby des grosses entreprises, après avoir massivement financé la campagne des bilatérales, prône désormais l'attente.

Le calendrier européen de la Suisse, sauf surprise, ne va donc pas s'accélérer. Le Conseil fédéral a répété qu'il n'envisage pas d'ouvrir des négociations d'adhésion avant 2003. En fait, le test crucial aura lieu en 2007. A cette date, les Suisses devront certainement, par voie de référendum facultatif, reconfirmer les bilatérales. Si le oui l'emporte, rien n'empêchera alors que le concubinage avec l'UE ne se transforme en demande de mariage.

En attendant, le dossier européen va rebondir demain à la Commission de politique extérieure du Conseil national. Celle-ci doit traiter l'initiative populaire "Oui à l'Europe" qui demande à la Confédération d'engager "sans délai" des négociations d'adhésion. L'initiative, qui passera devant les Chambres en juin, n'a aucune chance. Le monde politique la trouve trop contraignante et le Conseil fédéral veut rester maître du calendrier. Mais l'Assemblée pourrait élaborer un contre-projet qui fixe notamment une date-butoir. Quant à la votation populaire, elle pourrait traîner jusqu'en 2003. Il est donc fort probable que les Suisses se prononcent auparavant sur leur entrée à l'ONU ou l'envoi de soldats suisses à l'étranger. Deux votations difficiles qui cette fois-ci vont mobiliser des opposants autrement plus puissants que les Démocrates suisses ou la Lega.

G.-O. C.

VOTATIONS
Europe: les Suisses écrasent la pédale du frein

L’initiative du NOMES a essuyé une cuisante défaite: 76,7% de non. Tous les cantons l’ont refusée. Même les Romands ont préféré suivre la voie du Conseil fédéral.

Anne Dousse
5 mars 2001

L’Europe ne fait aujourd’hui plus rêver les Suisses! Même les Romands ont fait volte-face. Les citoyens qui se sont rendus aux urnes ce week-end ne veulent pas que le Conseil fédéral ouvre sans délai des négociations d’adhésion avec l’Union européenne. L’initiative "Oui à l’Europe!" a en effet essuyé une gifle cinglante: 76,7% de non. Et tous les cantons l’ont refusée. On est loin des 40% de oui qu’espéraient les initiants. Quant à la participation, elle a atteint les 55%.

Comment une telle Berezina a-t-elle pu se produire? Plusieurs facteurs sont à l’origine de cette défaite. Le rôle du Conseil fédéral a été déterminant. Ses arguments le dossier n’est pas mûr et il appartient au gouvernement de décider quand ouvrir des négociations ont fait mouche.
Des événements extérieurs expliquent aussi ce résultat. Il y a eu les pressions de l’Union européenne sur le secret bancaire qui ont énervé plus d’un Suisse. L’histoire de la vache folle et ses répercussions ont aussi pu influencer le vote des citoyens. Enfin, le dernier sommet de l’UE à Nice n’a pas renforcé l’image des Quinze.

Pas de Röstigraben
Certes l’ampleur du non a surpris, notamment en Suisse romande dont les cantons, à l’exception du Valais, avaient approuvé l’Espace économique européen. Aux côtés des adversaires résolus de l’adhésion, il y a tous ceux qui ont choisi la voie raisonnable prônée par le Conseil fédéral. Pascal Couchepin a d’ailleurs fait un parallèle avec l’initiative de la Lega qui demandait l’aval du peuple pour ouvrir des négociations en vue d’une entrée à l’UE et qui a été repoussé dans les mêmes proportions en 1997. Notre ministre de l’Economie a aussi fait remarquer que s’il n’y a pas aujourd’hui de Röstigraben, les sensibilités restent différentes selon les régions.

Quelle conséquence ce non va-t-il avoir? L’ASIN de Christoph Blocher réclame déjà que le Conseil fédéral retire sa demande d’adhésion, actuellement gelée. D’autres voix exigent que le gouvernement revoie son objectif stratégique. Hier soir, Pascal Couchepin comme Joseph Deiss refusaient d’interpréter ce non comme le refus d’une future adhésion à l’UE. Berne n’a donc pas l’intention de changer de ligne de conduite.


Deiss: "Pas de raison de
modifier notre objectif"

- Comment analysez-vous ce résultat?
- Joseph Deiss Ce résultat suit les recommandations du Conseil fédéral. Les Suisses ne veulent pas d’une ouverture rapide des négociations. Ils entendent laisser cette compétence au gouvernement. Ce score confirme aussi la politique d’intégration défendue par le gouvernement. Maintenant, il appartient au Conseil fédéral de mettre en œuvre sa stratégie.

- Justement, que va faire maintenant le Conseil fédéral?
- La stratégie du Conseil fédéral consiste à tout entreprendre pour que les sept accords bilatéraux soient mis rapidement en vigueur. Il faudra ensuite faire les premières expériences de l’application de ces accords. Il est aussi dans notre intention de faire avancer les travaux préparatoires sur les réformes internes nécessaires au processus d’adhésion. Sur le plan extérieur, le Conseil fédéral approfondira nos relations avec l’Union européenne par de nouvelles négociations bilatérales. Enfin, il faudra rassembler les Suisses autour de notre objectif stratégique qu’est l’adhésion. Il décidera de l’ouverture de négociations d’adhésion avec l’UE au cours de la prochaine législature.

- Face à ce non, le Conseil fédéral ne remet pas en cause son objectif stratégique.
- Cette votation ne portait pas sur l’adhésion à l’Union européenne. Il n’y a donc aucune raison que le Conseil fédéral remette en cause son objectif stratégique. Certes, ce résultat va donner lieu à différentes interprétations. Et le Conseil fédéral était conscient de ce risque. Voilà pourquoi il proposait un contre-projet qui aurait permis d’éviter cette votation. Mais le Parlement n’en a pas voulu.

- Ce résultat ne risque-t-il pas de vous rendre la vie plus difficile, notamment lors des négociations bilatérales bis?
- Je le répète, cette votation n’était pas un plébiscite pour ou contre l’adhésion. Le Conseil fédéral refuse de tirer des conclusions de ce type. Et tous les non qui se sont exprimés ce week-end ne sont pas des non à l’Europe. J’en suis convaincu. Cette initiative posait la mauvaise question au mauvais moment.

- Aujourd’hui, le Conseil fédéral est vainqueur. Comment va-t-il transformer ce non en un oui le jour où il décidera que la Suisse doit adhérer?
- Le dossier européen restera toujours compliqué. Mais ce que je souhaite, c’est concrétiser le débat pour le rendre plus objectif. Monter par exemple le fonctionnement de la Suisse à l’intérieur de l’Union européenne. Je vous rappelle aussi qu’il y a eu ces derniers mois des résultats positifs en faveur de l’ouverture: le vote très clair sur les accords bilatéraux ainsi que sur l’initiative populaire qui voulait limiter la population étrangère à 18%.

Ces prochains jours, vous allez vous rendre à Bruxelles pour expliquer ce résultat?
Non. On est en contact permanent avec les capitales européennes et nos ambassadeurss travaillent depuis des semaines à faire passer notre message.

- Que pensez-vous du vote des Romands?
- Même si les Romands disent non aujourd’hui, les sensibilités restent différentes. Et dans un pays démocratique, la pluralité des opinions ne doit pas faire peur.

L'après 11 septembre en Suisse
Jacques Poget.

Non et non, et encore non: même le seul oui d’hier est un non — aux dépenses inconsidérées d’un Parlement panier percé (merci Swissair!). Unitaire, unanime, univoque, quel vote cohérent! Plus de fossé de rösti ni de clivage ville-campagne, même les habituelles voix critiques du Jura, de Genève ou de Bâle mettent la sourdine. Les Suisses ont peur, n’accordent aucune ouverture à des mesures à long terme et votent comme le leur dit Maman Helvétie.

Le rejet sec de l’imposition des gains en capital surprend, mais à moitié: peur de la fuite des riches et des entreprises, peur du chômage, de l’épouvantail brandi par le Conseil fédéral? En tout cas, voici un peuple de petits contribuables taxés et retaxés sur ce tout qu’ils gagnent et économisent, qui refusent de combler une brèche béante permettant à de rares privilégiés d’empocher de magnifiques gains légalement exempts d’impôts. La Suisse n’a pas fini d’étonner le monde!

L’ordre intimé au GSsA de la laisser tranquille est logique; la énième initiative contre l’armée tombe en pleine peur des dangers extérieurs, et entraîne donc dans son naufrage la proposition, plus intéressante mais pleine d’inconnues, de créer un service pour la paix.

Quant à la maladroite tentative de protéger l’environnement par une taxe sur l’énergie censée créer des places de travail tout en subventionnant l’AVS, elle se heurte aussi à la crainte et à l’incrédulité: comment, en période de récession et de doute, s’infliger une mesure qui pomperait dans tous les porte-monnaie avant d’en renflouer sélectivement quelques-uns? L’intérêt écologique et social de l’idée ne peut percer en ce moment.

Ces jours, la Suisse a bien trop peur de l’avenir pour le préparer de manière audacieuse.

VOTATION HISTORIQUE
La Suisse n’a plus peur de l’ONU


Les résultats sont serrés, mais l’essentiel est acquis. Soulagement de toute la classe politique, excepté l’UDC et l’ASIN


Anne Dousse

Chantal Tauxe

4 mars 2002

Joseph Deiss n’aura pas connu de dimanche noir. Pour lui, ce 3 mars est un grand jour. Et il n’y a qu’un seul gagnant: le pays. Car ce oui donne au Conseil fédéral les moyens de faire désormais valoir pleinement les intérêts suisses au sein de l’ONU. "Il montre aussi que notre pays entend coopérer à la solution des problèmes du monde, que ce soient la pauvreté, la misère, la maladie ou la guerre."

Même si le ministre des Affaires étrangères refuse de voir un résultat serré au niveau des citoyens, il promet de tenir compte du poids des non et des réticences de certaines régions. "Le Conseil fédéral tiendra parole. La Suisse demeurera fidèle à elle-même au sein de l’ONU, et compte y faire valoir ses valeurs, ses traditions et ses bons offices", a-t-il rappelé.

De son côté Kaspar Villiger a insisté sur le fait que ce oui ne constitue un premier pas ni vers l’Union européenne ni vers l’OTAN.

flecheAmbiance: Le président de la Confédération, Kaspar Villiger, et Joseph Deiss ont eu hier soir le triomphe discret, même si notre ministre des Affaires étrangères avouait haut et fort qu’il était fier d’être Suisse. Nos deux conseillers fédéraux ont en effet eu très chaud en début d’après-midi, lorsque les résultats du canton d’Argovie sont tombés. Ils ont cru alors que la victoire allait une nouvelle fois leur échapper. Il a fallu attendre le oui des Bernois pour que les membres du Conseil fédéral se sentent soulagés. C’est à ce moment-là que tous les observateurs, dont plusieurs journalistes étrangers, ont compris que Christoph Blocher avait perdu la partie.

flecheUn retournement spectaculaire: Le premier vote sur l’adhésion à l’ONU, en 1986, n’avait engrangé que 24% de oui et le niet de tous les cantons. Le vote d’hier s’apparente à celui de juin 2001 sur l’armement des soldats suisses à l’étranger, un tournant crucial initié par Adolf Ogi et concrétisé par Samuel Schmid, deux conseillers fédéraux UDC qui sapent avec la même efficacité l’influence de leur collègue de parti Christoph Blocher.

flecheLe röstigraben implose: Très tendance dans les votations des années 90, la fracture Romands-Alémaniques est pulvérisée, même si le oui réalise ses meilleurs scores à l’Ouest. Zurich et Berne ont pesé de tout leur poids.

flecheFossé ville-campagne atténué: L’initiative réalise ses meilleurs scores dans les villes et les cantons urbains, mais les campagnes sont à l’unisson. La carte du 3mars dessine plutôt une césure centres-périphérie, Plateau contre Suisse orientale et centrale, avec le Tessin, largué une fois de plus.

flecheEffet Villiger décisif: Le président de la Confédération n’a pas été désavoué chez lui: Lucerne, canton-clé, a dit oui à 51,4%. Pas d’effet Metzler en revanche du côté des deux Appenzells, dont les non sont parmi les plus secs.

flecheDouble majorité épargnée: Comme en 1920 pour l’entrée à la Société des Nations, il s’en est fallu du vote d’un canton pour que le résultat bascule. Le débat sur le "droit de veto" des petits cantons n’aura pas lieu. Le vote d’hier démontre qu’une courte majorité de cantons favorables à l’adhésion à l’Union européenne sera peut-être un jour atteignable par un Conseil fédéral soudé et déterminé.

flecheBlocher démission? Si le non l’avait emporté, la tête de Joseph Deiss aurait été demandée. Quid alors de celle de son principal opposant, Christoph Blocher? Après le oui aux bilatérales, après le oui à l’armement des soldats suisses, le conseiller national enregistre une troisième lourde défaite. Créditée de 25% d’intentions de vote aux élections fédérales de 2003, l’UDC voit poindre les limites de son époustouflante ascension.

flecheLa fin de l’ASIN? Le travail de l’ASIN (Action pour une Suisse indépendante et neutre), initié en 1986 lors du premier vote sur l’ONU, est parvenu à plomber pour longtemps le débat sur l’adhésion à l’UE. La défaite d’hier ne lui sera donc pas fatale.

flecheUn débat de politique intérieure: 54% de oui à l’adhésion à l’ONU, c’est bien, mais le résultat est trop serré pour conclure à l’avènement irréversible d’une "Suisse ouverte sur le monde". Le cliché a trop servi, et il humilie inutilement les opposants. Aujourd’hui comme hier, la définition de notre politique étrangère et son acceptation par l’ensemble de la population reste un problème de politique intérieure majeur.


Et maintenant ?
C’est le président de la Confédération, Kaspar Villiger, et notre ministre des affaires étrangères, Joseph Deiss, qui ont annoncé la bonne nouvelle au secrétaire général de l’ONU, Kofi Anann, qui s’est dit réjoui de ce résultat. A présent, le Conseil fédéral va travailler à la demande d’adhésion. Elle devrait être déposée le plus tôt possible afin que les Nations Unies donnent leur feu vert lors de la 57e assemblée générale qui débute le 10 septembre à New York. La requête helvétique sera examinée par le Conseil de sécurité. Il ne devrait pas y avoir de problème.

Les effectifs de la mission suisse à New York ne devraient pas gonfler, a promis Joseph Deiss. La Suisse est déjà bien présente outre-Atlantique. Ce qui va changer, c’est le processus. En devenant membre, notre pays participera aux décisions. Le Conseil fédéral devra ainsi prendre position. Il le fera en collaborant avec le Parlement et les deux Commissions des affaires étrangères.
A.D.

BILATÉRALES
La Suisse s’ouvre

Statut du saisonnier aboli, moins de tracasseries pour s’établir dans notre pays: la libre circulation des personnes qui entre en vigueur aujourd’hui offre des facilités aux citoyens des Quinze


Anne Dousse
Berne
1er juin 2002

C’est une page de notre politique d’immigration qui se tourne. Avec l’entrée en vigueur des accords bilatéraux aujourd’hui, le statut du saisonnier disparaît. Les familles ne seront plus séparées. L’accord sur la libre circulation des personnes offre en effet aux citoyens de l’Union européenne des facilités de séjour et de travail dans notre pays. Finies les discriminations. Les Suisses bénéficieront eux aussi d’avantages puisque le principe de réciprocité est applicable. Tour d’horizon:

flecheSalariés: Les ressortissants de l’UE et de l’AELE pourront travailler sans aucune restriction en Suisse, mais seulement à partir de juin 2007. Avant ils seront au bénéfice d’un régime transitoire.

flecheDispositions transitoires: Durant les deux premières années, les entreprises devront prouver qu’elles ont cherché à engager des travailleurs indigènes et qu’elles respectent les conditions salariales appliquées en Suisse. C’est à ce prix qu’elles recevront une autorisation qui sera prise sur un contingent limité à 15 000 unités pour l’ensemble du territoire. Dès juin 2004, le contingent demeurera, mais l’employeur ne sera plus tenu de fournir des preuves.

flecheStatut de saisonnier: Il passe à la trappe. Il est remplacé par un permis de courte durée qui n’excédera pas une année et sera pris sur un quota de 115 000 unités. Ces travailleurs seront autorisés à vivre avec leur famille. Et ils pourront changer d’employeur durant leur séjour.

flecheFrontaliers: Dorénavant un Espagnol installé à Evian pourra travailler comme frontalier. Ce droit ne sera plus réservé exclusivement aux ressortissants des pays voisins de la Suisse. L’obligation du retour au domicile deviendra hebdomadaire. Et les frontaliers pourront exercer une activité indépendante en zone frontalière.

flecheIndépendants: Ils auront la possibilité de se mettre à leur compte. Durant les six premiers mois, ils devront démontrer que leur activité est durable. Si oui, ils obtiendront alors une autorisation de séjour valable cinq ans et prélevée sur le contingent pendant la période transitoire.

flecheRegroupement familial: Il est autorisé quelle que soit la durée de l’autorisation de séjour. Et le conjoint ainsi que les enfants peuvent chercher un travail.

flecheRechercher un emploi: Les citoyens de l’UE disposeront de trois mois pour trouver un emploi en Suisse. Ce délai pourra être prolongé par une autorisation de courte durée jusqu’à une année s’il existe de sérieuses possibilités d’être engagé. Ces personnes ne seront pas tenues de quitter notre pays entre deux places pour entreprendre leurs démarches.

flecheRetraités: S’ils ont des moyens suffisants et une assurance maladie, ils recevront une autorisation de cinq ans, renouvelable. Ceux qui auront travaillé en Suisse avant leur retraite pourront y rester. Deux conditions: avoir eu un emploi durant douze mois précédant la retraite et avoir résidé durant au moins trois ans chez nous.

flecheReconnaissance des diplômes: Ce principe est garanti par l’accord. Ainsi les médecins ou les avocats de l’UE pourront venir pratiquer chez nous.

Sommet Suisse-UE: accords conclus (19-mai-2004)

L'UE et la Suisse ont scellé mercredi à Bruxelles un compromis global sur le contenu de neuf accords spécifiques de coopération bilatérale, prévoyant notamment l'entrée fin 2006-début 2007 de la Confédération dans l'espace européen de Schengen sur la libre circulation des personnes.

Les différents accords que l'UE et la Suisse vont maintenant signer et appliquer avec des délais variables "marquent le début d'une nouvelle dimension dans nos relations bilatérales", a déclaré le président de la Commission européenne, Romano Prodi.

Grâce à eux, la Suisse "s'intègrera encore plus à nombre d'activités européennes : le contrôle aux frontières, la lutte contre la fraude, la participation à des programmes d'éducation, à l'agence de l'environnement...", a-t-il expliqué.

"Nous pouvons par là apporter la preuve que la Suisse n'est pas simplement mise à l'écart" de la construction européenne et "montrer combien nous épousons le grand projet européen", a déclaré Joseph Deiss, le président de la Confédération.

S'agissant du dossier clef de la fiscalité de l'épargne, l'un des neuf accords en cours de conclusion, Joseph Deiss a estimé qu'il ne serait "pas possible" à la Suisse "d'être définitivement prête au 1er janvier" prochain.

"Mais nous pensons qu'il sera possible de trouver des accommodements", a déclaré M. Deiss.
"Il est trop tôt pour dire" si la Suisse devra organiser un référendum sur cette question, la consultation devant avoir lieu si une demande en ce sens recueille 50.000 signatures, a expliqué M. Deiss.

S'agissant de l'entrée de la Suisse dans l'espace Schengen, un porte-parole de la Commission européenne a estimé mercredi qu'il était "raisonnable de penser" qu'elle aurait lieu en 2007. La date est liée à la mise en place effective de la nouvelle base de données européenne sur l'espace Schengen, a-t-il précisé.


Vaud fera des Suisses deux fois plus rapidement

Grosse semaine pour le Conseil d’Etat. Après les garderies, mardi, il a dévoilé hier un important avant-projet de loi pour la naturalisation facilitée. Qui ne manquera pas de faire causer.

Même si elle était attendue, c’est une petite révolution que Pierre Chiffelle, visiblement satisfait, a dévoilée hier. Avec l’avant-projet de loi pour le droit de cité vaudois, on s’apprête en effet à tailler à la hache dans des procédures datant de 1955 et qui assimilaient jusqu’à maintenant la naturalisation à un véritable parcours du combattant. Ainsi, on espère ramener la durée du marathon de quatre ans à deux au plus. Pour mémoire, il convient de rappeler encore qu’il est désormais interdit pour les collectivités de prélever une taxe à cette occasion: seuls des émoluments correspondant aux frais administratifs peuvent être perçus.

Adjoint du chef du Service de la population, Jacques Grossrieder précise d’ailleurs ce point: "Au total, le coût de la naturalisation ne devrait pas dépasser 600francs entre les procédures communale, cantonale et nationale." Sur ce chapitre, Vaud est donc en conformité avec sa nouvelle Constitution. Et il devrait donc être complètement en phase avec l’article69 dès le 1erjanvier 2005 si les choses suivent leur cours comme veut le croire Pierre Chiffelle. "Etant d’un naturel plutôt optimiste" et sans doute conforté par l’échec cuisant des opposants au droit de vote des étrangers sur le plan communal, le socialiste estime que cet avant-projet ne devrait pas connaître une vague d’oppositions formelles, hormis "celles de principe des extrêmes". Au passage, il rappelle que le taux de naturalisations en Suisse est plus bas que dans les pays voisins (lire encadré) et que la population du canton comprend 27,5% d’étrangers

Compatible

Par ailleurs, le magistrat fait savoir que le projet tiendra la route, quoi qu’il advienne de la réforme fédérale sans doute mise en votation populaire en octobre prochain. A priori, rien ne semble donc pouvoir barrer la route d’une nouvelle loi cantonale qui rendrait la naturalisation plus rapide en Pays de Vaud que dans les cantons voisins, à en croire Jacques Grossrieder.

Concrètement, elle concernera surtout les étrangers de la deuxième et de la troisième génération, souligne Pierre Chiffelle avant de présenter les principaux changements.

On retiendra ainsi que la durée de résidence cantonale et communale minimum sera abaissée de cinq à deux ans. Autre modification notable, qui devrait celle-là susciter nombre de commentaires dans les communes, la décision de naturalisation (bourgeoisie, droit de cité cantonal) reviendra désormais à l’Exécutif. Pourquoi transférer cette compétence à la Municipalité plutôt que de la laisser au Conseil communal. "Tout simplement, explique Pierre Chiffelle, parce que la Constitution stipule qu’il y a droit de recours. Dès lors, il faut que l’autorité puisse motiver son refus. Ce qui est le cas de l’Exécutif alors que le vote du Législatif, lui, se fait à bulletins secrets, et on ignore tout des motivations des gens."

Qui tranche?

Notons qu’au plan cantonal, le gouvernement s’est refusé à trancher. Ce n’est qu’à l’issue de la consultation, fin février, qu’on décidera si la décision appartient au Conseil d’Etat ou au Département des institutions et relations extérieures (DIRE). Pourquoi ce dilemme? Pour le chef du DIRE, dans l’idéal, ce serait bien à une véritable autorité politique de prendre cette responsabilité. Reste qu’il se demande s’il ne serait pas problématique que la décision du Conseil d’Etat puisse être remise en question par le Tribunal administratif en cas de recours?

Au chapitre des nouveautés toujours, il sera mis fin aux aller et retour entre administrations. Il n’y aura ainsi plus qu’un seul passage au niveau communal. Une fois la décision connue, elle sera transmise au canton qui statuera, avant de passer à l’étage de la Confédération. Et si celle-ci donne son feu vert, le candidat sera convoqué devant le Conseil d’Etat pour prêter serment. Sans entrer dans les détails, le canton met encore en avant une procédure plus facilitée pour les jeunes nés en Suisse et pour les jeunes de la deuxième génération ayant effectué l’essentiel de leur scolarité obligatoire en Suisse et âgés entre 14 et 24ans. Toutes ces nouveautés devraient permettre de doper encore le nombre de demandes ces prochaines années.

JEAN-MARC RAPAZ


Un record qui s’explique: Il est plus facile de se faire naturaliser à l’étranger.

Les chiffres, ou en tout cas une interprétation rapide, peuvent être trompeurs. Avec près d’un million et demi d’étrangers aujourd’hui, dont plus de la moitié est née sur son territoire ou y réside depuis plus de dix ans, la Suisse n’est pas loin de détenir le record en Europe occidentale. En fait, seuls le Liechtenstein et le Luxembourg comptent une plus forte proportion d’étrangers. Ainsi, dans l’exposé des motifs, il est rappelé qu’en Belgique, en Allemagne et en Autriche, la part d’étrangers se situe entre 8% et 9%. Cette proportion est de 5 à 6% en France et en Suède, alors que dans tous les autres Etats, elle est encore inférieure.

Selon le Conseil d’Etat, cette différence s’explique bel et bien par le faible taux de naturalisation en Suisse, l’un des plus bas sur le continent. Et ce peu d’empressement à adopter la nationalité s’expliquerait par des procédures plus lourdes et compliquées que chez nos voisins. Ainsi, si «la Suisse avait naturalisé... au même rythme que la moyenne des pays européens, le taux d’étrangers dans notre pays serait inférieur à 10%, soit moins de la moitié de ce qu’il est actuellement.»

Au passage, le canton souligne l’importance de l’immigration qui, entre autres, permet de maintenir un rapport acceptable entre la population active et les retraités. Un point qui a toute son importance «car c’est la population active qui assure la plus grande partie du financement de l’AVS et des budgets publics».

JEAN-MARC RAPAZ

Vaud, l’un des cantons les plus attractifs de Suisse

DÉMOGRAPHIE
La population résidant dans le canton de Vaud a augmenté de 1,3% en 2004. Une progression remarquable, mais qui traduit surtout un afflux constant d’étrangers.

F. W.
Publié le 14 avril 2005

DR
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Fin 2004, le canton comptait 644 097 habitants, 8247 de plus qu'en 2003 (+1,3%). Cette progression est constante et s'explique d'abord par un solde migratoire élevé. Vaud est d'ailleurs le canton le plus attractif après Zoug et compte 28% d'étrangers.

«A lui seul, le canton de Vaud totalise plus du quart de la croissance étrangère en Suisse.» Ce constat ponctue l'étude que «Statistiques Vaud» a consacrée à l'évolution démographique du canton en 2004.

Pour la quatrième année consécutive, la population vaudoise est en croissance. A un rythme qu'elle n'avait plus connu depuis le début des années 90: 1,3%. Seul Zoug fait mieux: 1,5% (moyenne suisse 0,7%).
Avec 8247 résidents supplémentaires, cette population était de 644 097 habitants le 31 décembre dernier - 658 600 si l'on y inclut les autorisations de séjour de moins d'un an, les requérants d'asile et les fonctionnaires internationaux.

Cet accroissement démographique est aux trois quarts le fait de la population étrangère, qui atteint 180 162 personnes (+6165). Un rythme de croissance élevé (3,5%) dopé depuis 2002 par l'entrée en vigueur de l'Accord sur la libre circulation des personnes.

Regroupement familial et activité lucrative sont les premiers motifs de cet afflux, avant la formation. Le Portugal reste le pays le plus représenté (19%) devant l'Italie (en baisse), la France, la Serbie-Montenegro et l'Espagne.

La population portant passeport suisse s'élève à 463 935 personnes, soit un gain de 2082 résidents (+ 0,5% contre 0,4% en 2003). En fait, sans les 2994 naturalisations de 2004, elle serait en baisse! Le solde migratoire est largement négatif, la différence entre naissances et décès, tout juste positive.

Tous les districts ont vu leur population augmenter, à un taux qui varie de 3,1% (Aubonne) à 0,2% (La Vallée). Le 0,8% (0,5% en ville, 1,3% dans le reste du district) enregistré à Lausanne confirme la reprise de la croissance enregistrée depuis 2001.(Retour texte initial)


Double oui pour l'asile et les étrangers

Le durcissement des lois sur l´asile et les étrangers a passé haut la main dimanche. Le premier texte a été accepté par 67,8 % des votants, le second par 68%..

Les appels communs de la gauche, des Eglises et de certains bourgeois contre le tour de vis donné aux législations sur l´asile et les étrangers ont été vains. Dans les deux cas, les votants se sont rangés derrière l´avis du Conseil fédéral et des partis bourgeois qui ne voyaient pas dans ces textes une remise en cause de la tradition humanitaire de la Suisse.

La révision de la loi sur l´asile, qui vise à accélérer les renvois de requérants indésirables et à intensifier la chasse aux abus, a été acceptée par plus de 1,598 million de votants contre près de 761 000 à l´avoir rejetée. Les proportions sont semblables pour la nouvelle loi sur les étrangers qui va limiter l´immigration extra-européenne aux travailleurs qualifiés et durcir les mesures de contrainte: quelque 1,602 million de oui contre plus de 755 000 non.

Oui romand plus timide

Tous les cantons ont approuvé les deux projets. Dans les deux cas, la Suisse romande, qui se montre habituellement plus réticente à durcir les conditions de vie des étrangers, s´est rangée derrière le reste du pays. Son "oui" a toutefois été plus réservé.

Le taux d´acceptation le plus faible vient de Genève (asile: 51,3 %, étrangers: 52,5 %). Le Jura (52,8 %, 52,7 %) et Neuchâtel (52,9 %, 52,8 %) suivent de près. Les Vaudois ont glissé quant à eux respectivement 57,2 % et 54,2 % de bulletins favorables dans les urnes.

Dans les cantons bilingues - Fribourg (63,2 %, 63,3 %), Valais (64,8 %, 64,6 %) et Berne (68,3 %, 68,8 %) -, les scores sont plus nets: Pour les deux projets, le soutien le plus massif est venu de Suisse centrale et orientale: Nidwald (79,6 %, 79,7 %), Schwytz (80,1 %, 79 %), Appenzell Rhodes-intérieures (78,6 %, 78,8 %) et Glaris (78,2 %, 78 %) figurent en tête du palmarès. (Retour texte initial).


Bruxelles critique mais n'interviendra pas
Après le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), c'est au tour de la Commission européenne de dénoncer la loi sur l'asile adoptée dimanche en Suisse. Hier, Bruxelles a estimé que la réforme de cette législation est incompatible avec les normes de l'Union européenne (UE). C'est précisément l'article 32 de la nouvelle loi helvétique qui pose problème. Celui-ci prévoit une non-entrée en matière si le requérant d'asile ne remet pas aux autorités, dans un délai de 48heures, ses documents de voyage ou ses papiers d'identité. Selon les textes adoptés par l'UE ces dernières années, «on peut accélérer la demande d'asile pour quelqu'un qui ne dispose pas d'un passeport, mais cela ne constitue par un motif de non-admissibilité», a expliqué Friso Roscam Abbing, porte-parole de la Commission européenne. Reste que la condamnation en restera au stade de la critique, puisque la Suisse n'est pas membre de l'Union européenne. En effet, tout comme la Norvège et l'Islande, Berne a le droit d'appliquer sa propre politique d'asile, même si celle-ci n'est pas compatible avec les législations européennes, a ajouté Frisco Roscam Abbing.


La face cachée de l'abondance matérielle des pays riches:

MAL-ÊTRE
Les psys s’arrachent les cheveux

L’augmentation des consultations psychiatriques est vertigineuse en Suisse. Les hôpitaux sont bondés, les divans aussi et les praticiens ne savent plus où donner de la tête

Pascale Bieri, avec les correspondants régionaux
Genève
24 juin 2002

Les psys sont débordés. A Genève, en Suisse, partout... Au bout du lac, par exemple, les consultations en cabinets privés ont littéralement explosé: 65% de plus en cinq ans selon une étude publiée en juin 2000 (162 000 en 1991 contre 286 000 en 1996). Et la montée en flèche continue. Aujourd’hui, on a largement dépassé les 300 000 consultations psychiatriques par an. Sans compter celles du secteur public. 280 000 en 1997.

Comment expliquer cette ascension? Les professionnels sont bien embarrassés pour donner une réponse. "Les causes sont multiples", disent-ils en avançant en vrac quelques pistes: la perte de nos repères, l’isolement, l’insécurité à tous niveaux. Exemple: "L’individu se retrouve seul face au problème du travail. Quand il est usé, on le jette et on le remplace comme une vieille machine!" souligne le DrHugo Ineichen, président du groupement des psychiatres et des psychothérapeutes vaudois. D’où dépressions et burn out. Mais il y a aussi le vieillissement de la population, les problèmes de déracinement, l’augmentation de la violence, etc.

"Ce n’est plus honteux"
Sans compter qu’aujourd’hui on n’hésite plus ou moins à aller consulter un psy en cas de problème. "Ce n’est plus honteux! D’autre part, les gens sont mieux informés et sont moins d’accord de souffrir", souligne la doctoresse Nicoletta Aapro, présidente des psychiatres genevois.

Cela étant, le profil des patients a peu évolué en dix ans (1987-1997): un tiers d’hommes contre deux tiers de femmes, 60% de personnes en emploi contre 40% inactives (chômeurs, en formation ou retraité). Un changement toutefois: les employés qualifiés consultent davantage...

Toujours plus de personnes âgées
"A mon avis, la société va plus mal en termes de souffrance", estime le Pr François Ferrero, qui peut le constater à la clinique genevoise de Belle-Idée et dans l’ensemble du département psychiatrique qu’il dirige. "Nous tournons à 112% d’occupation. C’est extraordinairement compliqué." En dix ans, les entrées ont augmenté de... 124 %, passant de 1899 en 1991 à 4268 en 2001. "Il y a toujours plus de personnes âgées (troubles dépressifs, solitude ainsi que divers problèmes de santé) et de très jeunes", souligne le Pr Ferrero. Quant aux adultes, l’augmentation se situe surtout autour de 30-50 ans. Dans de nombreux cas, il s’agit de personnes qui souffrent de sérieux troubles psychiques compliqués par un abus de substances toxiques. Ce qui explique aussi l’augmentation des cas de violence.


A mon avis, l'augmentation des consultations est aussi dûe à la longueur des traitements même pour les cas simples. On voit ainsi des personnes plus ou moins célèbres qui consultent leur psy durant des années et des années à se demander si la dépendance au psy n'est pas pire que le mal, du moins pour leur porte-monnaie. D'autres solutions plus rapides existent, basée sur la prise en charge globale de l'individu, par la désintoxication physique (jeûne), émotionnelle (extériorisation des colères, de la culpabilité, de la peur, etc...) et spirituelle (pensée positive, hilarothérapie et exorcisme dans les cas graves). Voici encore un article à ce sujet:

Trois semaines pour régler vos problèmes

THÉRAPIES BRÈVES Mettre de l'ordre dans sa vie en évacuant des émotions mal vécues

PASCALE BIERI
Journal Le Matin du 06 juin 2004

De plus en plus de personnes ont recours aux thérapies dites «brèves» pour mieux prendre leur vie en main. Plus rapides que la psychanalyse, elles donnent des résultats spectaculaires
Il existe plusieurs types de thérapies brèves. Le Dr Martine Balandraux Olivet est une grande spécialiste de l'une d'entre elles, à Genève: la thérapie dite «guérison du passé».

Quand on est au bout du rouleau, faire une thérapie brève, ça peut être utile?
Ça peut même être salvateur. Quand on n'écoute pas les signaux donnés par son corps - fatigue extrême, petits accidents à répétition -, il peut y avoir un réel danger pour la santé.

Dans ces cas-là, la meilleure solution n'est-elle pas le repos?
C'est important d'avoir du répit. Mais, s'il y a des problèmes de fond, ce n'est pas ça qui va les régler.

Une thérapie brève de type «guérison du passé», c'est une psychanalyse en accéléré?
En psychanalyse, on essaie de comprendre pourquoi on est ce qu'on est; quel événement est à l'origine de tel problème ou de tel comportement. C'est très intéressant. Mais, pour aller mieux, cela ne suffit pas toujours; il faut en plus pouvoir évacuer les émotions qui sont restées bloquées suite à diverses expériences. Puis cicatriser. C'est ce qu'on fait avec ce type de thérapie.

Donc, tout est enregistré?
Nous sommes le fruit des émotions de notre enfance. Y compris celles vécues dans le ventre de notre mère. Les émotions positives nous construisent confiants, tolérants et adaptables. Les émotions négatives nous troublent. Soit elles sont évacuées, soit elles restent bloquées. Ce qui crée des problèmes psychologiques ou physiques.

Pour qu'il y ait un blocage, il faut avoir vécu des choses particulièrement douloureuses?
Pas forcément. Une «petite» tristesse ou une «petite» colère peut rester coincée si elle n'est pas acceptée et accompagnée par un adulte compatissant. Mais ça peut aussi, évidemment, être la conséquence d'un choc plus important.

Et quel est l'impact?
Le corps enfouit ces émotions bien profondément pour que ça le gêne le moins possible. Mais il ne peut pas les empêcher de s'exprimer quand des événements stressants font baisser nos défenses. Certaines personnes vont même jusqu'à tomber malades. Les problèmes digestifs et le mal de dos étant les plus fréquents.

Comment peut-on accéder aux émotions enfouies?
Une séance commence par de la relaxation, puis on entre en régression par différentes techniques. L'objectif étant de se connecter à son inconscient, de le laisser s'exprimer tout en restant conscient. J'aide alors la personne à retrouver ses émotions, à les revivre. Puis à rassurer et «réparer» l'enfant qui est en elle.

De quel type sont ces émotions?
C'est de la tristesse, de la colère ou de la culpabilité. Cette dernière est la plus invalidante. Si on a la sensation de n'avoir pas été un bon petit garçon ou une bonne petite fille, on s'interdit d'être heureux.

Combien de temps faut-il pour régler ses problèmes?
Les séances durent deux heures. Pour une thérapie de fond, il faut compter l'équivalent de trois semaines intensives.

Après une thérapie brève, les résultats se font rapidement ressentir?
Certains sont immédiats! Les gens réalisent tout à coup qui ils sont vraiment, ce qu'ils souhaitent profondément faire de leur vie. Parfois, cela peut même déboucher sur de grandes remises en question.

(Retour texte initial)

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Nestlé en 2002


-Chiffre d’affaires: 89160millions de francs (84698 en 2001)
-Résultat d’exploitation: 10940millions de francs (9987)
-Bénéfice net: 7564millions de francs (6681)
-Bénéfice par action: 19fr.51 (17fr.25)
-Dividende: 7fr. (6fr.40)
-Total du bilan: 87352millions de francs (93786)

ARGENT: Le patron de Nestlé est moins bien payé que celui de Novartis.
Pour la première fois dans son histoire, Nestlé a dévoilé le salaire le plus élevé du groupe. Sans surprise, c’est l’administrateur-délégué Peter Brabeck qui touche le gros lot, avec 6,4 millions de francs pour 2002, toutes compensations comprises, soit 17500 francs par jour. Viennent s’y ajouter 600 actions et options. Une rémunération qui reste néanmoins en deçà des 20 millions du CEO de Novartis Daniel Vasella. Au total, les onze membres de la direction générale de Nestlé totalisent une masse salariale de 17,7 millions. La multinationale publiera le détail des rémunérations de ses organes dirigeants le 17 mars, conformément à la nouvelle réglementation boursière.

LAURENT AUBERT

L’homme d’affaires le plus riche du monde vit à Epalinges

Qui l’eût cru? L’homme d’affaires le plus riche du monde ne serait autre qu’un résident de la commune d’Epalinges. C’est une dépêche de l’Agence télégraphique suisse (ATS), tombée hier matin, qui le révèle. Elle rapporte les propos de la chaîne de télévision publique suédoise SVT2, citant elle-même un article à paraître dans le magazine édité à Stockholm Veckans Affarer. Nous y sommes: il s’agit ni plus ni moins du Suédois Ingvar Kamprad, 77 ans, fondateur de la chaîne de meubles IKEA. Avec sa petite fortune de 400 milliards de couronnes (68 milliards de francs), il devancerait désormais Bill Gates, dont le pécule se monterait à 47 milliards de dollars «seulement», selon le dernier classement de la revue américaine Forbes. C’est la dépréciation du dollar face aux autres devises qui expliquerait la raison pour laquelle le big boss d’IKEA aurait détrôné celui de Microsoft. Dans son classement des 300 plus grandes fortunes de Suisse paru en décembre 2003, le magazine suisse Bilan avait estimé la richesse d’Ingvar Kamprad entre 14 et 15 milliards de francs, ce qui faisait de lui l’homme le plus nanti de Suisse. En l’espace de quelques mois, le marché et ses fluctuations auraient donc fait gonfler son portefeuille de façon vertigineuse.

Un véritable empire

Depuis les hauts de Lausanne, où il s’est établi en 1976, le multimilliardaire veille sur son entreprise, mais il n’intervient plus au quotidien dans la gestion d’IKEA. Le magnat intègre progressivement ses trois fils dans ses affaires. Cela fait longtemps que le patron du géant suédois ne travaille plus en solo, avec ses 180 magasins dans plus de 30 pays. Son empire comprend le groupe financier et immobilier Ikano, l’un des distributeurs de carte de crédits les plus importants de la planète.

CÉLINE FONTANNAZ (Matin du 06/04/2004)

(Retour texte initial)

 

 

Vingt-quatre heures de violences à Genève

À COUPS DE MARTEAU Sous les huées des manifestants pacifistes, des excités quittent le cortège pour s'adonner à des déprédations en tout genre. Photo © Eric Aldag

 

XAVIER LAFARGUE - FRÉDÉRIC JULLIARD - MICHEL NOVERRAZ
02 juin 2003
AFFRONTEMENTS Dès leur retour de la manif, les altermondialistes ont longtemps nargué les forces de l'ordre. Qui ont fini par charger massivement. Nombreuses interpellations

Les violences et les pillages ont continué hier soir à Genève. Lors du retour de la manifestation, les policiers ont disposé des cordons à travers les rues pour tenter d'empêcher les casseurs d'entrer en ville. En vain. Mais, peu avant 21 heures, un déploiement de forces sans précédent leur a permis de procéder à de nombreuses interpellations.

La tension est rapidement montée en fin d'après-midi, les policiers essuyant des jets de pierres et de bouteilles. A Villereuse, un manifestant a même été blessé par l'explosion d'une grenade lacrymogène. Selon un médecin présent sur place, il a été grièvement atteint à un mollet. Un policier a lui aussi été légèrement blessé. Place de la Petite-Fusterie, le magasin Lacoste a été saccagé et pillé par des casseurs, sous les yeux de centaines de curieux. La police n'est arrivée qu'après, bouclant le quartier.

L'Usine prise d'assaut
Dès lors, manifestants et forces de l'ordre ont joué au chat et à la souris. D'interminables face-à-face ponctués de tirs de gaz lacrymogènes, de balles en caoutchouc, de jets de bouteilles et de pierres. Mais alors que les émeutiers avaient érigé et enflammé une barricade dans la rue du Stand, soudain la police a chargé. Des dizaines de fourgons et canons à eau ont déboulé de partout, refoulant les manifestants dans l'Usine, haut lieu de la vie alternative genevoise. Pris dans une souricière, plusieurs d'entre eux ont été interpellés sans tendresse par des policiers zurichois encagoulés sous leur casque. Une personne a été blessée par la police et hospitalisée.

Mais ces émeutiers, très jeunes pour la plupart, sont-ils vraiment des casseurs? «Il n'y en a pas un seul parmi eux», nous a affirmé un habitué des lieux. En revanche, plus tôt dans la soirée, la police genevoise a interpellé «une quinzaine de casseurs du Bloc-Noir», selon son porte-parole, Jacques Volery. Et la nuit ne faisait que commencer lorsque, à 22 h 15, les policiers allemands se déployaient à leur tour dans le centre-ville.

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